L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

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Qu'est-ce que
l'Institut de pastorale ?


L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

Plus d'information sur l'énoncé de mission et le statut universitaire de l'Institut.

Dans ce texte :

Recommencer : d'une conversion à l'autre

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle »,  paru en septembre 2000 aux éditions du Cerf (n° 736), traite du thème de la seconde conversion.

Préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale, il rassemble des articles d'auteurs du Québec.

Avec l'accord des éditions du Cerf, plusieurs articles sont disponibles sur le site.

Voir :

Le texte de l'éditorial

La liste des articles disponibles

 

Revue "la vie spirituelle"

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réflexion fondamentale sur la formation chrétienne et démarches sur des récits bibliques.

Recherche spirituelle et conversion chrétienne

Gaston Raymond, o.p., †, Institut de pastorale

Il y a encore peu de temps, le spirituel passait pour un surplus et,  en Occident,  pour un monopole laissé aux Églises ou religions.  Ne s'intéressaient à la spiritualité, comme art de vivre maintenant, que quelques uns qui s'y sentaient appelés. La recherche d'une qualité de vie au-delà du niveau de vie, tout en s'y appuyant et en s'y opposant, devient aujourd'hui une caractéristique plus répandue, permettant d'envisager la vie autrement que selon une perspective matérialiste ou positiviste ou conventionnelle chrétienne. En effet les progrès acquis en ce début de siècle apparaissent comme moins satisfaisants qu'on l'avait présumé et les risques se sont multipliés.

Ce contexte, où la recherche spirituelle devient acceptable, présente un défi nouveau à l'Église dans sa proposition d'un chemin de vie authentique inspiré par la figure de Jésus et l'option radicale de marcher à sa suite comme des disciples de ce Maître. Défi, parce que les propositions spirituelles sont multiples et obligent l'Église à prendre place dans ce kaléidoscope. Défi aussi parce que cette recherche veut conduire à une expérience spirituelle personnelle et collective ou partagée.

Que signifie dans ce contexte la « seconde conversion » ? L'expression peut concerner ceux et celles qui ont déjà eu une foi personnelle et vivante, dans l'enfance souvent, puis ont pris une distance marquée de cette expérience. Pour quelles raisons ? Le savent-ils eux-mêmes ? Au moins celles-ci : la diminution de la plausibilité du christianisme, i.e. de l'entraînement par le milieu qui rend normales, raisonnables et évidentes les convictions et pratiques chrétiennes ; et l'échec à sortir de la foi de l'enfance pour accéder à une foi d'adulte.

La seconde conversion peut aussi caractériser le cheminement de personnes qui ont d'abord misé leur vie sur des valeurs et convictions éthiques, artistiques et politiques, sans portée religieuse, et qui à partir de leur combat en viennent à chercher un horizon plus radical pour envelopper leurs engagements. Péguy peut servir d'exemple qui affirmait ne s'être converti qu'une fois dans sa vie, et à la « cité fraternelle », mais en vint à s'engager dans une foi chrétienne pour rester fidèles à son idéal social. En réalité, une seconde conversion authentique ne peut être simplement la reprise d'une foi de l'enfance, ce qui semble caractériser le fondamentalisme courant. Il lui faut une reprise adulte de ses options radicales, éprouvées par son histoire propre et mûries par une authenticité cohérente et réfléchie. Il s'agit en fait de suivre le « chemin de la parole » ou de traverser les « niveaux de parole », bien mis en lumière par Claude et Jacqueline Lagarde dans leur effort de renouvellement de la catéchèse. Donc prendre le chemin de l'expérience spirituelle guidée par la tradition chrétienne.

Une quête spirituelle

Si, depuis Thérèse de Lisieux, la voie spirituelle inspirée par la tradition chrétienne est ouverte pour tous et non seulement aux êtres exceptionnels, il reste que les organisations que sont les Églises certes souhaitaient la conversion au spirituel mais acceptaient peu de se mettre à la portée de ceux qui n'étaient pas encore rendus là ou ne le souhaitaient pas. Existe encore la distinction dans les fidèles entre les « avancés » et les « grossiers » pour lesquels la foi concerne surtout l'au-delà. Cela a développé dans le dispositif ecclésial l'attention aux structures et moyens de masse, la patience devant la lenteur de la conversion nécessaire, la confiance dans la transmission par osmose avec un milieu de la foi chrétienne. Mais alors que le marché du spirituel se déploie avec ses promesses d'une vie harmonieuse et réussie, le chemin spirituel proposé par les Églises chrétiennes locales devra maintenant s'adresser à la quête spirituelle diffuse dans la culture contemporaine et ressentie par les gens ordinaires. Ainsi plusieurs ont trouvé et trouvent de plus en plus une réponse à leur préoccupation d'un art de vivre contemporain dans l'oeuvre du regretté Henri Nouwen [1] .

La conjoncture de cette recherche spirituelle comporte aussi la situation de « fin de la chrétienté » qui s'est mise en place et que résumait Situation et Avenir du catholicisme québécois : « les artères qui ont traditionnellement servi à transmettre la foi sont en partie ou totalement obstruées » [2] . Ces artères « fonctionnent aujourd'hui bien irrégulièrement. Le système de transmission est devenu incertain, peut-être précaire » [3] . Dans les foyers : le silence ; dans les écoles : un rendement aléatoire ; dans les paroisses : la rareté de la Parole [4] . La généralisation de cette situation de « fin de la chrétienté » amène la seconde conversion à être une démarche personnelle à contre-courant de la culture ambiante

Posons deux images ou figures habitées par une recherche de qualité spirituelle et qui déjà anticipaient le dépassement d'un univers chrétien traditionnel. Il arrive que le christianisme est simplement reçu comme un héritage évident et en quelque sorte naturalisé et devient difficile à transmettre. Madeleine Delbrel disait :

Nous ne pouvons pas évangéliser dans la mesure où nous ne savons plus que nous sommes évangélisés, que nous avons reçu la bonne nouvelle et qu'elle nous a été donnée. Ce que nous pensons croire « naturellement », nous ne nous sentons pas en dette de l'annoncer ; il nous paraît normal que ce soit su. [5]

Et Françoise Dolto comprenait la foi non comme une expression intellectuelle mais comme un « acte, une expérience de vie. C'est une histoire, bien souvent, sans histoires » [6] . Elle ajoutait :

Tenir un discours sur Dieu, sur la foi, peut passionner certains ; pas moi. Je préfère prendre, comme pour les autres livres, les Évangiles, textes fondateurs de notre civilisation occidentale et qui se donnent comme la parole de Dieu. (.) Je serais contrariée si mes lecteurs me copiaient ou répétaient mes propos comme si je détenais la vérité. (.) A chacun son itinéraire. [7]

A l'horizon de ces deux « témoignages », une même conviction : la vie spirituelle chrétienne est la résonance en quelqu'un de médiations premières grâce auxquelles on entre dans une expérience religieuse, une perspective et une visée sur ce qu'est la vie. Il ne suffit pas que des choses soient simplement acceptées comme naturelles et normales, il faut une reprise personnelle et partagée. De plus en plus ce que nous appelons la foi, la conversion religieuse, passe par une recherche explicite de spiritualité en réponse à une quête de sens, non seulement dans les situations de tragédie mais tout autant dans la perception des limites de la satisfaction. Et ce, au sein d'une complexification de la situation religieuse et spirituelle.

Traits indicateurs du contexte actuel

Le rapport à la démarche religieuse proposée par les Églises locales du milieu québécois, sans grande originalité par rapport aux milieux occidentaux, se traduit d'abord dans l'affirmation suivante, souvent entendue, et notée par les spécialistes : « Le spirituel oui, la religion non!  » Ainsi se trouve indiquée une distance avec la religion instituée - ici le catholicisme et ses institutions - en même temps qu'une recherche d'une certaine qualité de vie, d'une profondeur de sens et d'un agir cohérent [8] .

L'inadéquation ou l'insuffisance des organisations chrétiennes, Églises et mouvements, ne sont sans doute pas le principal facteur. Ils sont inadéquats, ou non fonctionnels, parce que les sociétés ont changé profondément sous le jeu de facteurs qui sont loin d'être répertoriés. Pensons à la caractérisation de l'homme moderne comme  »homeless mind » -esprit sans racine- de P.Berger, comme « protean man » -humain aux identités successives et conversions rapides- » de R. Lifton, comme « narcissique » de C.Lasch. Il existe une insatisfaction qui peut avoir plusieurs autres motifs, mais qui comporte la déception de ne pas trouver dans les milieux que sont les Églises locales ce qu'on pourrait appeler des « laboratoires de recherche spirituelle ». On devient plus opposé à la distinction, traditionnelle en pastorale, des mystiques et du peuple, des « majores » et « minores ».

Un autre indicateur, certes partagé par d'autres milieux occidentaux, se trouve dans la prise au sérieux du besoin d'une nouvelle évangélisation. Dans cet Occident qu'on a qualifié longtemps de chrétien, on entend de plus en plus résonner des appels à l'évangélisation, à une nouvelle évangélisation. Ainsi, dans les orientations des diocèses sur la réorganisation pastorale, on rappelle que la finalité des aménagements en cours veut poursuivre la mission de l'Église ou l'évangélisation en même temps que soutenir la communion des croyants. En intégrant les diverses activités pastorales autour de l'évangélisation, ces documents prennent acte du passage à un contexte historique où la foi chrétienne ne se transmet plus par osmose, comme naturellement, mais a besoin d'une intervention permanente qui ne postule ou ne présuppose plus l'adhésion déjà acquise au message chrétien mais n'hésite pas non plus à la proposer sur le ton de l'invitation. Il s'agit donc, pour passer à une évangélisation, de développer des réflexes nouveaux dont un principal est de rejoindre la dramatique ou les enjeux ultimes d'une existence humaine.

Lectures scientifiques de la situation du spirituel

Les précédentes observations autant que les préoccupations pastorales rejoignent les récentes lectures scientifiques majeures de nos milieux. Ainsi le sociologue R.Bibby [9] soutient l'affirmation suivante : Le marché religieux est « une situation saintement incompréhensible. » [10]

Tout conduit à un paradoxe incroyable. Justement au moment où les conditions culturelles semblent idéales pour inviter la religion à une place importante dans la vie des canadiens, les groupes religieux à travers le pays sont en situation de déclin. C'est comme si McDonald, Wendy's et Burger King tombaient en faillite au moment même où les citoyens se mettent à aimer les « hamburgers » .... Quelque chose va sérieusement mal. Étant donné ce qui semble être d'excellentes « conditions » de marché, le temps est venu de mettre de côté les détails et de se poser la question première : Pourquoi les organisations religieuses cafouillent-elles au lieu de prospérer ? [11]

Les groupes religieux « échouent dans ce qui semble une époque spirituellement prospère [12] . Le déclin de l'appartenance aux Églises se traduit dans leur perte d'influence sur la société. Mais la réalité importante derrière les statistiques, c'est que les besoins spirituels, personnels et sociaux d'un nombre croissant de gens ne sont plus rencontrés par les Églises, et le plus souvent par aucune autre organisation ou source. Ces bancs vides sont le symbole de vies fragmentées et vides.

Dans une liste des découvertes faites en cours de sa recherche, Bibby indique celles-ci :

6- La réceptivité à la spiritualité est étendue. Les gens sont intrigués par le mystère et en recherche de sens. Les organismes religieux peuvent être en difficulté ; mais un grand nombre de Canadiens tout en étant peu impliqués dans les Églises, montrent une remarquable ouverture au surnaturel et à la spiritualité. 7- La plupart des gens ne cherchent pas d'Églises. La question « pastorale « - Que faire pour ramener les gens aux Églises ?- est une mauvaise question car la majorité des Canadiens ne sont pas en marché pour une Église ni une religion. Mais ils sont en marché, en recherche de ces choses dont les religions historiquement s'occupaient. Ils expriment des besoins spirituels, personnels et sociaux. Mais la connexion ne se fait pas entre cette recherche et les organismes religieux, ni les traditionnels, ni les autres. [13]

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[1] Qu'on peut découvrir par exemple dans Les trois mouvements de la vie spirituelle, Montréal, Bellarmin, 1998 (traduction de Reaching Out, Doubleday 1974) ou dans la biographie de Jurgen Beumer, Henri Nouwen. Chercher Dieu sans cesse, Montréal, Fides, 1999.

[2] Fernand Dumont et al., Situation et avenir du catholicisme québécois : entre le temple et l'exil, Tome II, Montréal, Leméac, 1982, p. 56.

[3] Ibid., p.51-52

[4] Ibid., p.52-54.

[5] Madeleine Delbrel, Nous autres, gens des rues, Paris, Seuil, 1966, p. 280.

[6] Françoise Dolto, La foi au risque de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1981, p. 9.

[7] Ibid., p.10-12.

[8] Voir Robert Jacques, « Le « spirituel » et le « religieux » à l'épreuve de la transcendance », Théologiques 71 (1999), p.89‑106.

[9] Reginald Bibby, Fragmented Gods, Toronto, Irwin Publishing , 1987 (traduction française : La religion à la carte. Montréal, Fides, 1988) ;
Unknown God. The Ongoing Story of Religion in Canada, Stoddart, 1993 ;
There's Got to Be More. Connecting Churches and Canadians, Wood Lake Books, 1995.

[10] Unknown God , p. 177.

[11] Ibid ., p.179.

[12] Ibid ., p.181.

[13] There's Got to Be More, p.30