L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

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L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

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Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

« Multiplication » des pains, autrefois et aujourd'hui
(Matthieu 14,13-21)

Gaston Raymond, o.p., †
Homélie présentée le 4 août 2002,
en suite aux Journées Mondiales de la Jeunesse

On résume parfois ce récit évangélique à une invitation éthique au partage : oser partager le peu qu'on a, ou à une figure de l'Eucharistie qu'on retrouve dans le rituel actuel de la messe. Cependant, dans les récits évangéliques il y a plus que des idées ou informations; on y rencontre surtout la proposition d'une démarche encore à accomplir aujourd'hui, un passage vers un acte de foi en fonction d'une situation. Cette page d'Évangile devient ainsi comme une loupe qui fait voir et vivre le changement du regard habituel et spontané, le regard de la sagesse conventionnelle ou inculturée, vers un regard différend et inspiré par une foi chrétienne.

Et pour partir de notre propre expérience et rendre la réflexion plus animée, je me suis posé la question suivante : les Journées mondiales de la jeunesse, qui se sont terminées dimanche dernier, objets de multiples interprétations différentes sinon contradictoires, peuvent-elles s'éclairer en ayant recours à la loupe du récit catéchétique de Mathieu  ? Ont elles été une démarche visant et peut-être réalisant aujourd'hui ce dont justement ce récit parle ou non ? Faire l'exercice de la comparaison et non ma réponse est ce qui importe.

Nos données sur les JMJ

En premier lieu, il y a l'expérience personnelle que chacun a pu faire de cet événement. Elle est très variable. On a le droit de n'en connaître qu'un vague écho, d'avoir pris connaissance de quelques informations par les média, d'avoir participé par exemple en offrant l'hospitalité à des jeunes, ou d'avoir vécu ce « pèlerinage » comme bénévole. Peut-être d'avoir prié pour ces jeunes d'ici ou d'ailleurs embarqués dans cette aventure. Et entourant cette expérience vous avez pu prendre connaissance des réactions et interprétations qui nous sont parvenues.

Le récit de Matthieu

L'importance de cette « multiplication des pains  » et d'autre chose peut-être, se révèle par sa répétition dans les quatre évangiles. Elle revient à six reprises, deux fois dans Matthieu et Marc, et une dans Luc et Jean. Avec des éléments identiques et des variations. Le récit proposé en ce dimanche me semble le moins développé des six récits. Qui prend une Bible, retrouve le passage indiqué (Matthieu ch. 14 versets 13-21) et examine les passages parallèles indiqués ne peut s'empêcher de dépasser l'interprétation initiale qui en fait un simple reportage.

Que peut donc nous apporter ce récit en regard des rassemblements chrétiens, liturgie eucharistique dominicale bien sûr, et même un rassemblement occasionnel comme la ou les Journées Mondiales de la Jeunesse ? Peut-il éclairer ce que nous pouvons vivre aujourd'hui ?

Entrons dans ce récit qui est un drame comportant cinq moments.

1. L'horizon.

A cette nouvelle, [l'exécution du prophète Jean le Baptiste par Hérode]... L'horizon passe au noir : les puissants ont fini par se débarrasser du prophète Jean le Baptiste qui les gênait. On a étouffé la grande voix qui dénonçait les abus , prévoyait le désastre et invitait à la conversion avant qu'il ne soit trop tard. Le prophète c'est celui qui voit les enjeux de fond, trop souvent masqués par l'intérêts pour des questions secondes ou sans importance. C'est celui qui discerne et s'engage dans le combat radical à livrer . Il est celui qui force au choix; aussi sera-t-il écouté et suivi par certains tandis que d'autres s'y opposeront de diverses façons jusqu'à prendre les moyens de le faire taire et disparaître. « Le Seigneur connaît la voie des justes mais la voie des impies va se perdre. » (Psaume 1,6)

Les JMJ ont-elles concerné le fonds des choses ? Est-il vrai qu'il y a deux voies, et que l'on ne peut éviter de suivre soit l'une soit l'autre ? Sommes nous aux prises avec des ténèbres de plus en plus envahissantes dont le 11 septembre serait l'icône expressive ? Il nous est difficile de porter attention à l'horizon englobant qui donne couleur à tout ce qu'il enveloppe. La scène capte notre attention et pourtant l'arrière scène, elle, contrôle. Que les lumières s'éteignent, et la pièce change...

2. La réponse de Jésus à l'horizon qui s'obscurcit.

Que fait Jésus dans ce monde dangereux ?

Fuite

« Jésus se retira de là en barque vers un lieu désert, à l'écart. » Autrement dit, il s'enfuit, va se cacher, veut disparaître dans le maquis, telle est sa première stratégie... Il se fait discret « prudent comme le serpent ». Le prophète Élie avait été obligé à une vie de fuyard, apparaissant puis disparaissant. Les chrétiens en Occident, et encore plus au Québec, longent les murs, se taisent, endurent, eux aussi prudents.

Poursuite...

« L'ayant appris, les foules le suivirent à pied de leurs diverses villes. »  Quand la lumière et la force de la Parole de Dieu disparaissent sous la persécution, le mépris, l'indifférence, alors la déconnexion, la division, la désarticulation et dislocation configurent la vie des gens. Ils deviennent un .. « troupeau sans berger », une foule désorganisée, se sentant perdue, abandonnée, menacée et inquiète. Une foule se forme et poursuit la barque à pied, le long de la rive, sans prendre les précautions du tourisme organisé ou planifié.. « Les foules le suivirent à pied de leur diverses villes. » Elles le précèdent, apportant leur misère.

Sortant de là...

Que va faire Jésus devant cette quête insistante de gens désinstallés, sans appui chez les nantis et puissants , sans grand avenir dans leur société ? La stratégie rationnelle et normale qu'il avait prise lui devient insupportable : « En débarquant il vit une grande foule; il fut pris de pitié-compassion pour eux. »  Le texte écrit  « débarquant de là », plus littéralement « Il sort de là », i.e. il renverse sa stratégie en prenant des risques comme Élie et « il guérit leurs infirmes. » C'est le contact et la constatation de leur désolation qui l'émeuvent et avivent sa compassion, sa pitié.

Les JMJ ont-elles eu quelque chose d'une « sortie prophétique«  , provoquée par le drame des jeunes et renversant les calculs de la peur ou la résignation ?  En tout cas la « sortie » de Jésus se poursuit au point que lui et la foule ne voient pas le temps qui passe. Comment ?  En Matthieu, Jésus s'occupe des infirmes; dans les autres récits, Jésus enseigne et guérit. Et voilà qu'ils oublient de manger...

 Le soir venu,  l'impasse...

Heureusement qu'il y a des « réalistes »  autour de Jésus, ses disciples, ses gardes du corps. Eux ils voient les choses importantes, secondés en cela par leur incompréhension de ce que Jésus est en train de faire...« Le soir venu, les disciples s'approchèrent de lui et lui dire : 'L'endroit est désert, et déjà l'heure est déjà passée' . »  Quelle sûreté de diagnostic et quelle prudence prévoyante. En effet ils sentent l'impasse, le cul de sac qu'amènent les gestes de Jésus et la confiance du petit peuple misérable qui l'avait réellement suivi. Rappelez vous, quand on commence à agir dans l'esprit du Royaume, les choses commencent toujours par se compliquer... Les observateurs, commentateurs ou spectateurs eux s'épargnent ces embarras. Heureusement, ces braves disciples ont aussi « la » solution évidente : « Renvoie donc les foules; Qu'elles aillent dans les villages s'acheter de la nourriture ».

C'est à dire « Arrête ça, Jésus, que les gens se débrouillent. Nous, on ne peut rien faire de plus. » Ils ressemblent à Marthe qui ne comprend pas ce que sa soeur vit grâce à Jésus. Pour elle il importe de s'occuper des casseroles si on veut manger !... Il manque quelque chose aux disciples, que seul Jésus perçoit ;  ils sont encore « gens de peu de foi » (Mt 8,26), non pas païens ou incroyants, mais gens d'une foi chiche, famélique, mince, précaire, mesquine...

Formation des disciples.

On voit alors Jésus se tourner vers ses disciples de peu de foi et entreprendre de les faire entrer progressivement dans un acte de foi. « Mais Jésus leur dit : Elles, les foules, elles n'ont pas besoin d'y aller; donnez leur vous-mêmes à manger ! »  Il se produit ici quelque chose d'admirable, commencement de l'entrée dans un acte de foi. Normalement, devant la réplique de Jésus il n'y a qu'à décrocher et à s'en aller avec son lunch. Mais eux, les disciples, voici qu'ils restent, continuent le dialogue à partir de leur pauvre situation avouée humblement, cherchent comment faire. « Alors ils lui dirent : Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons ! »  Là dessus ils n'ont pas tort. L'imprévu de la situation a produit l'absence de lunchs préparés d'avance. Tant qu'ils ne comptent que sur leurs diagnostics, prévisions, et ressources, ils ne peuvent qu'étouffer l'énergie, la force du Royaume. Leur aveu d'impuissance les fait entrer dans la vie. Restant disponibles, malgré la proposition impensable de Jésus, les voici qui apprennent à changer leur regard sur la réalité et à « suivre » Jésus, à passer par lui et par sa foi en Dieu. « Apportez-les moi, ici. »

3. Surgissement d'une « Église ».

En communiant avec Jésus, les disciples entreprennent avec lui de construire la communion avec la foule. Ils construisent une « Église », ce que décrit la succession des images : de désorganisée, la foule est organisée comme un peuple en marche au désert : « Jésus, ayant donné l'ordre aux foules de s'installer sur l'herbe... prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction; puis, rompant les pains, il les donna aux disciples, et les disciples aux gens ... »

Vous reconnaissez les formules reprises par la prière ou canon eucharistique. Mais surtout la démarche de foi qui nous rend capables de « faire communion » au Royaume, à Dieu, par le Christ et ses apôtres, entre nous, communion inépuisable à un pain ou une eau qui est la nourriture pour la vie radicale. « Ils mangèrent tous, et tous furent rassasiés » comme autrefois par la manne au désert. Et l'on emporta ce qui restait des morceaux - surabondance - douze paniers pleins - autant que d'apôtres. « Or ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants ». Cinq pains. Cinq mille et plus. Tout le peuple de Dieu qui, « restauré », peut continuer sa marche malgré les ténèbres...

Conclusion

Le récit de Matthieu est un appel à passer de la non foi à la foi devant une situation menaçante. Il nous montre les moments du cheminement à expérimenter  : affrontement de la condition humaine aux prises avec ses ténèbres, contact avec les blessures et la faim de quelque chose d'autre des petits et négligés, l'audace du Royaume, la suite comme disciple ou la marche avec Jésus qui nous éduque à la foi, et la mission de rassembler et soutenir le peuple de Dieu.

Notre rassemblement se mesure à ce modèle « évangélique ». Bon quand il s'en approche, malade quand il s'en éloigne. Il se veut une expérience de « multiplication » de la vie, signifiée par le pain, ou l'eau, ou le poisson, lui qui sait vivre dans l'eau meurtrière du monde.

Et les JMJ ?

Chacun se fera son interprétation. L'important est qu'il prenne comme guide l'expérience que Jésus a fait vivre à ses disciples. Ainsi ils ont pu prendre leurs distances d'Hérode et s'approcher de ceux qui quittèrent leur villes à pied... et furent pour eux l'occasion de faire un saut plus qu'olympique.

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