L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

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L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

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d'une conversion à l'autre

Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

Des rites et de leur créativité

Denis Gagnon, o.p.
Article paru dans la revue Prêtre et Pasteur, mai 2007

« À vin nouveau, outres neuves », disait Jésus (Marc 2, 22). Le principe s’applique-t-il lorsqu’il est question de rites en liturgie ? Depuis plusieurs siècles, la liturgie chrétienne construit son calendrier et ses célébrations. Les gestes antiques traversent les âges. Nous en connaissons plus ou moins la source. Ils portent leur poids de mystère et le dévoilent petit à petit. Laissent-ils place à la naissance de nouveaux rites qui renouvellent des situations universelles ou rejoignent des événements inédits et particuliers ?

On dit du rite qu’il est un acte social, collectif. Il est fait de répétitions. Il suit un programme particulier. Il se distingue cependant des conduites rationnelles, utilitaires. Enfin, son efficacité est difficilement repérable. Devant autant de complexité, à quelles conditions pouvons-nous ouvrir un chantier de nouveaux rites ?

Les rites font partie d’un besoin inné dans la personne humaine, encore de nos jours comme dans les temps anciens.

« La nécessité de la ritualisation, telle qu’elle apparaît dans la société primitive, est donc impliquée dans le fait que, par sa nature, l’homme ne peut ni s’enfermer dans sa condition ni s’en échapper totalement. »
(Jean CAZENEUVE, art. « Rites », dans Encyclopaedia Universalis, Paris, 1978, volume14, p. 284)

Les lignes qui suivent veulent aider à réfléchir sur le sens des rites et sur les conditions d’élaboration de nouveaux rites.

La chute vertigineuse de la pratique liturgique

Il est devenu banal d’attirer l’attention sur la baisse de participation aux célébrations liturgiques. La pratique dominicale a chuté vertigineusement depuis une cinquantaine d’années. Chaque dimanche, une assemblée de têtes blanches, souvent éparpillées dans une grande nef, murmure le Notre Père ou le Je crois en Dieu. En l’absence de prêtre, les célébrations de la Parole, les ADACE, en gênent plusieurs qui ne comprennent pas pourquoi cette « messe » n’en est pas une ou pourquoi on n’a pas droit à un prêtre à soi.

On demande encore le baptême, surtout dans les familles où la foi tient une place importante. Cependant, on voit de plus en plus de nouveaux parents qui ne comptent pas le baptême parmi leurs priorités. Le sacrement leur est indifférent. Certains préfèrent ne pas s’engager personnellement, laissant à leur enfant la possibilité de choisir quand il en sera capable. D’autres ne voient aucune pertinence à faire baptiser leur petit, qui est déjà enfant de Dieu bien avant le rite de l’eau.

Il reste encore des fiancés qui se promettent fidélité au pied de l’autel. Certains ont une foi assez profonde pour reconnaître la place de Dieu dans leur projet amoureux. Le mystère qu’ils vivent est grand : ils le disent en pensant au Christ et à l’Église (cf. Éphésiens 5, 32). D’autres ont recours à la célébration liturgique pour éviter la sèche cérémonie du mariage civil. La loi permet maintenant de faire des mariages n’importe où ou presque, sous des formes très variées et devant toute personne qui en a reçu le pouvoir de l’autorité civile. Cette nouvelle situation va sûrement amener des couples à choisir parmi ces nouvelles offres ce qu’ils chercheraient autrement en s’adressant à l’Église. Et ceux qui se présenteront auront fait un choix plus clair, plus accordé à l’offre des pasteurs.

Les vivants d’aujourd’hui conduisent leurs morts au cimetière plus rapidement que la génération précédente. Entre le salon funéraire et la fosse du cimetière, on s’arrête moins souvent à l’église. On tient compte davantage des convictions religieuses des endeuillés que de la foi de celui qui est passé de vie à trépas. Les salons funéraires, par ailleurs, offrent des forfaits alléchants qui remplacent les funérailles chrétiennes à l’église par une liturgie de la Parole au salon.

Le sacrement du pardon ? Pour plusieurs, il fait partie d’une époque à jamais révolue. Il s’agit d’une activité qu’on a faite au premier cycle du primaire, lors d’une des dernières fois qu’on a mis les pieds à l’église. Les derniers pratiquants ont abandonné quand il est devenu interdit de célébrer l’absolution communautaire et qu’on a effectué un retour à la confession auriculaire. La pénurie de prêtres pour entendre les confessions et le peu d’emballement pour l’aveu détaillé de ses fautes ont conduit rapidement au grenier des souvenirs un sacrement qui aurait pu célébrer dignement la miséricorde de Dieu. Lors de grands rassemblements, les jeunes aiment rencontrer un prêtre et peuvent vivre le sacrement dans une célébration de grande qualité. Mais souvent il n’y a pas de suite.

On investit moins

Vatican II a misé sur la liturgie comme moyen de revitaliser la foi chrétienne. Le concile s’est inscrit dans la mouvance du mouvement liturgique amorcé un siècle plus tôt par Dom Guéranger et compagnie. On a alors investi beaucoup dans la préparation des célébrations. Les chorales ont remplacé le grégorien par des pièces en langue vernaculaire, sur des musiques plus modernes. Les comités de liturgie sont nés un peu partout. Ils ont déployé beaucoup d’efforts, d’imagination, de créativité pour mettre en oeuvre la réforme. Le tout dans l’enthousiasme.

Les premières années qui ont suivi le concile, on a tout essayé ou presque. Il s’est fait de bonnes choses, de très bonnes choses même. La liturgie s’est dépouillée d’éléments moins importants. La sobriété a attiré l’attention sur l’essentiel. Le lectionnaire a offert une abondance de textes bibliques qui laissaient présager un enrichissement spirituel de haute tenue. L’adoption de la langue vernaculaire a favorisé une meilleure participation. Le partage des fonctions a redonné ses lettres de noblesse à chaque baptisé et manifeste l’Église dans toute sa diversité. Tout annonçait un avenir prometteur.

Mais les espoirs ont été déçus. Certaines innovations ont déplu. D’autres n’ont pas donné les résultats qu’on attendait. Alors, beaucoup de croyants ont jeté le bébé avec l’eau du bain. Ils cherchaient l’efficacité. Ils n’ont pas donné toutes ses chances à la gratuité. On voulait comprendre et on oubliait qu’il revenait à la liturgie elle-même de comprendre, de nous comprendre, de nous prendre avec elle. Il fallait nous laisser entraîner par elle plutôt que de chercher à la maîtriser.

Et puis, d’autres champs de la pastorale ont attiré l’attention et offert leurs charmes. Des besoins nouveaux sont apparus à cause de situations nouvelles. Le passage de la catéchèse de l’école à la paroisse a demandé et exige encore un investissement énorme. Les bénévoles des paroisses ont diminué en nombre et ils doivent oeuvrer dans toutes les sphères de la pastorale paroissiale. La liturgie les attire moins qu’autrefois. Et les prêtres sont de plus en plus rares. Bref, les comités de liturgie sont entrés au royaume des souvenirs. Les revues consacrées à la préparation des célébrations dorment sur les tablettes. Et les prêtres, surchargés par ailleurs, réduisent la préparation des célébrations à la lecture de leur Prions en Église. Pas tous mais plusieurs.

Une liturgie mal adaptée à la culture actuelle

On dit souvent de la liturgie qu’elle n’est pas adaptée à la culture actuelle. Les grandes révolutions qui réussissent partent de la base. Les véritables changements sont opérés par le peuple et non par les autorités officielles. Or, la réforme liturgique, avant d’apparaître sur la place publique des églises, est née dans des bureaux et des bibliothèques spécialisées. Elle a été une réforme intellectuelle plutôt que populaire. Par souci de fidélité, elle a fait appel plus souvent à l’histoire qu’aux sciences humaines. Elle a réaménagé ses rites pour retrouver les gestes originels, oubliant parfois les sensibilités différentes de nos contemporains. Elle a présenté un discours abstrait, parfois sans poésie. La langue de bois et un discours théologique hermétique ont peut-être respecté le dogme et la vérité de l’Évangile. Ils n’ont pas nécessairement respecté la foi populaire. Qu’on pense aux prières eucharistiques, par exemple.

La difficulté aurait pu être surmontée. Mais, à la base, on a confié la mise en oeuvre à des hommes et des femmes qui avaient reçu une formation adaptée à une situation bien différente. Passer de l’application stricte des rubriques à la créativité, ce n’était pas une mince affaire. On s’est moins préoccupé de la Présentation générale du missel romain que des besoins affectifs des assemblées liturgiques. On a cru qu’on pouvait tout faire du moment que cela rejoignait les fidèles. Et on a tout fait, tout essayé ! Avec de belles réussites, mais aussi avec des échecs.

De nouvelles adaptations des rituels apparaissent

La liturgie post-conciliaire fait place à des adaptations. Il n’est pas nécessaire que le président répète le mot à mot des monitions qui lui sont proposées. Il peut préciser en fonction de l’assemblée qu’il préside. Des prières peuvent en remplacer d’autres. Il peut y avoir plus d’une façon de poser des gestes. Le répertoire de chants n’est pas fixé. Les rituels des sacrements se présentent comme un véritable chantier. Ils demandent du temps de préparation. Des choix doivent être faits. Bref, les rites supportent des mises en oeuvre qui tiennent compte des personnes, de leur cheminement, des situations qu’ils vivent, de l’actualité sociale, etc.

Cette flexibilité prometteuse suscite toutefois des questions, et des questions pertinentes. Jusqu’où peut-on aller dans l’adaptation ? Jusqu’où devons-nous tenir compte des significations que la tradition accorde à tel ou tel rite en particulier ? Peut-on ajouter des éléments totalement nouveaux ? Peut-on intégrer des rites qui appartiennent à d’autres Églises et même à d’autres religions ? Peut-on remplacer les funérailles chrétiennes à l’église par une célébration de la Parole au salon funéraire ? Peut-on célébrer le mariage chrétien en l’intégrant au banquet de noces ? Peut-on remplacer une des lectures bibliques de la messe dominicale par une page d’un auteur contemporain ou par un poème ? La chorale ou une animatrice peuvent-elles exécuter une chanson profane ? Peut-on remplacer l’organiste ou le guitariste par l’audition d’une pièce musicale enregistrée ? Etc. Les questions ne manquent pas. Les réponses sont à la merci de la formation des responsables de la liturgie.

De nouveaux rites pour de nouvelles situations de vie

À côté des adaptations possibles des liturgies officielles, de nouveaux rites pour de nouvelles situations de vie voient le jour. Chantal Dauray a publié un ouvrage sur la question. Le titre à lui seul est évocateur : Réinventez vos cérémonies, fêtes et rituels ! (Montréal, Stanké, 2004, 355 p.) Il ne s’agit pas d’abord de rituels religieux, mais « des idées pour les moments forts de la vie », comme le souligne le sous-titre. L’auteure fait des suggestions pour les baptêmes, les mariages, les funérailles. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle propose des fêtes de bienvenue à la vie, des mariages à thème, des rites pour perpétuer la mémoire des proches, des « showers » de bébé ou de mariage, des anniversaires, des rituels de couple, des fêtes adaptées aux saisons, des rites de passages aux diverses étapes de la vie, et j’en passe.

Derrière l’ouvrage de Chantal Dauray, il y a ce besoin fondamental de souligner la vie, de mettre en exergue des événements particuliers de l’existence, des temps forts de l’histoire sociale, familiale ou personnelle. Les divers mouvements du Nouvel Âge vont en ce sens.

Les chrétiens s’inspirent de ces suggestions. Il n’est pas rare qu’ils demandent une célébration pour souligner un anniversaire ou une étape de la vie. Il n’est pas rare non plus qu’ils arrivent avec des suggestions : un poème qui a marqué les années des jubilaires, un objet qui rappelle le métier du défunt dont on veut évoquer le souvenir, etc.

Des demandes au-delà de l’offre

Quand les responsables de la préparation au baptême rencontrent les nouveaux parents, ils constatent souvent que les demandes de ceux-ci sont différentes des offres que l’Église peut leur faire. Que de fois, les parents sont saisis par le sacré de la naissance. « Nous n’avons pas fait cela tout seul ! », me disait un jour un nouveau papa. Quelques semaines avant la naissance, il s’était présenté à moi en se disant athée. Le nouveau converti ne demandait pas pour son enfant l’entrée dans la communauté chrétienne, ni même la suite de Jésus Christ. Il voulait tout simplement célébrer Dieu créateur, une image encore vague dans son esprit. D’autres demanderont au baptême d’être tout bonnement une fête de l’arrivée d’un nouveau membre de la famille ou encore d’être eux-mêmes reconnus non seulement comme un couple mais aussi comme des parents. Ils demandent d’être baptisés « parents » ! Les demandes sont nombreuses et diverses. Les offres ne leur correspondent pas toujours.

Du respect des situations au respect de la liturgie

Concernant les rites, les attentes sont nombreuses, les situations sont variées et des mises en oeuvres sont possibles. Une question survole le paysage : comment respecter à la fois les situations que les chrétiens vivent et la liturgie elle-même ? Comment faire se correspondre les demandes des croyants et les offres de l’Église ? Comment accorder aux rituels chrétiens la première place tout en garantissant de l’espace aux événements concrets, particuliers, porteurs de significations uniques, vécus dans des contextes spéciaux ? J’avance quelques suggestions...

La liturgie occupe le sommet dans la vie de l’Église. Elle encadre l’ensemble de la vie. Notre quotidien nous transmet des matériaux de toute sorte. Ceux-ci nous arrivent en vrac, n’importe comment. La liturgie peut mettre de l’ordre dans tout cela.

La liturgie intègre également. Elle situe la personne dans la communauté. Elle crée des liens, elle établit des relations, elle « communautarise », si on me permet l’expression. Par elle, le chrétien devient membre à part entière de l’Église de Jésus Christ.

Enfin, la liturgie définit. Elle crée l’identité du fidèle qui s’engage à la suite du Christ. Elle lui révèle le sens de sa vie, sa raison d’exister. Elle le situe par rapport à Dieu et au Christ. Dès lors, le chrétien est reconnaissable à ses options.

La fonction que joue la liturgie invite pasteurs, agents de pastorale et tout le peuple de Dieu à accorder une place de choix à la liturgie. Il faut lui laisser jouer son rôle de formatrice. Comme la culture caractérise un peuple, ainsi la liturgie « fabrique » le chrétien.

Investir en liturgie est donc fondamental. Préparer des célébrations de qualité, soigner leur exécution, faire appel à la participation, habiter rites, paroles et gestes, etc. Ne pas avoir peur d’investir dans la formation non seulement des divers ministres et intervenants, mais aussi de l’ensemble de la communauté chrétienne.

Il est indispensable de retrouver le sens du rite, sa portée symbolique. Il faut plus qu’exécuter, il faut vivre les rites, s’en nourrir soi-même. C’est dans la liturgie que les pasteurs doivent développer leur spiritualité, se ressourcer pour eux-mêmes comme pour leurs interventions dans la communauté. La liturgie est le premier lieu de formation de tout homéliste et de tout catéchète.

Avant d’accuser la liturgie de ne pas correspondre à la culture actuelle, j’oserais travailler à une meilleure mise en oeuvre des célébrations elles-mêmes. Les rites que nous proposent les rituels ont traversé les siècles jusqu’à nous. Leur longévité révèle leur universalité.

« Comme les diverses formes d’art qui souvent lui sont associées ou y plongent leurs racines, les rites sont des créations culturelles particulièrement élaborées exigeant l’articulation d’actes, de paroles et de représentations de très nombreuses personnes, au long des générations. On ne peut espérer éclairer la désarmante complexité des rites qu’en essayant de remonter aux principes mêmes de leur élaboration. »
(Pierre SMITH, art. « Rite », dans BONTE-IZARD, Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, coll. « Référence », Paris, PUF/Quadrige, 2002, p. 630.)

En liturgie, nous sommes en régime symbolique. Mais nous avons la tentation d’exiger des symboles une efficacité immédiate. Nous sommes portés à les vivre comme des biens de consommation. La liturgie est action de grâce et comme toute grâce elle s’accueille dans la gratuité. Il faut accepter de perdre pour gagner.

Malgré la complexité des rites – et les rites chrétiens ne font pas exception – il y a place, dans la liturgie, pour des gestes qui s’apparentent aux vieux rites. Ces nouveaux gestes apparaissent moins pour remplacer les rites fondamentaux que pour les accompagner. Souvent, on les appelle « rites » eux aussi.

« Dans le langage courant, ce terme désigne toute espèce de comportement stéréotypé qui ne semble pas être imposé par quelque nécessité ou par la réalisation d’une finalité selon des moyens rationnels. »
(Jean CAZENEUVE, op. cit., p. 284)

N’oublions pas cependant que nous ne sommes pas propriétaires de la liturgie. Nous ne sommes pas une secte, un groupe à part dans l’Église. Nous sommes l’Église quelque part sur la terre. La liturgie est notre signe d’appartenance. Elle est donnée. Elle doit être accueillie pour elle-même, comme elle est donnée. Elle est participation à un ensemble qui déborde infiniment les frontières de notre assemblée ou de notre communauté chrétienne, à plus forte raison de nous-mêmes personnellement.

Dans notre désir de coller à l’actualité, de faire des célébrations ajustées à la vie d’aujourd’hui, nous portons attention à la dimension horizontale de la liturgie. Les relations entre les membres de l’assemblée sont importantes. L’évocation des situations concrètes qui nous ont conduits à la célébration sont essentielles. N’oublions pas toutefois la dimension verticale. Le rite ne se limite pas à nous, il est orienté vers Dieu. Il doit orienter vers Dieu ceux et celles qui le vivent.

En plus d’être programmés, les rites sont répétitifs. Périodiquement, ils reviennent et se dévoilent progressivement à ceux et celles qui les vivent. Les adaptations enrichissent dans la mesure où ils respectent la nature répétitive des rites. Une certaine base de familiarité est nécessaire pour que le rite soit vécu et assumé par l’assemblée. Innover beaucoup, créer sans cesse risque de faire passer à côté du rite.

« À trop changer les signifiants, on peut se désarrimer du contexte culturel. S’il n’y a plus de sens partagé, peut-on encore parler de rituel ? La religion nous donnait des repères culturels communs. Voilà entre autres, pourquoi il est si difficile de s’improviser fabricant de rituels. »
(Martin MEUNIER, cité dans Chantal DAURAY, op. cit., p. 26)

Évitons les ambiguïtés. Quelqu’un demande une fête de la naissance pour son enfant plutôt que le baptême. Dans l’aménagement de la célébration et surtout dans sa réalisation, n’y a-t-il pas risque de confondre, spécialement si le président de la célébration est représentant de l’institution Église (prêtre, diacre, agent de pastorale) ?

En conclusion, un rappel essentiel. Nous voulons respecter le cheminement des personnes. Avec raison. Mais n’ayons pas peur de les entraîner en avant. La liturgie est évangélisatrice, elle appelle à la rencontre de Jésus Christ et de sa Bonne Nouvelle.

« Le rite est une action qui produit un effet social ou surnaturel. Dans les sacrements, l’action rituelle se fait par des moyens, paroles et gestes, dans lesquels concourent Dieu et l’homme pour causer en l’homme une nouvelle réalité, de nature divine. »
(Antoine VERGOTE, « L’affectivité qui anime le rite », dans La Maison-Dieu, 218 (1999), p. 124)

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