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Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

Arcabas

Arcabas Arcabas

Toutes les illustrations sont des tableaux du peintre Arcabas.

« Un ange passe !... »

Denis Gagnon, o.p.
Article paru dans la revue Prêtre et Pasteur, décembre 2005

La place des anges dans la liturgie ? En résumé, ils sont là, partout, toujours. Mais ils sont discrets, très discrets ! L'étude qui suit restera le plus modeste possible pour respecter la discrétion des anges ! Mais aussi et surtout pour ne pas oser en mettre plus qu'il y en a. Nous nous en tiendrons à l'Eucharistie où nous retrouvons les anges à la fin de la préface de la prière eucharistique et dans la seconde partie du Canon romain (Prière eucharistique I). [1]

La Lettre aux Hébreux définit les anges comme « des esprits remplissant des fonctions et envoyés en service pour le bien de ceux qui doivent recevoir en héritage le salut » (1,14). Services de toute sorte, y compris services liturgiques ; fonctions variées, sans oublier les fonctions liturgiques.

La louange des anges

Michée décrit le ciel : « J'ai vu le Seigneur assis sur son trône et toute l'armée des cieux debout auprès de lui, à sa droite et à sa gauche » (1 Rois 22,19). On croirait se trouver devant un roi oriental entouré de sa cour. En Isaïe, la description prend des allures de liturgie où le rite et l'acclamation trouvent place :

L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé. Sa traîne remplissait le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint, saint, saint, le Seigneur, le tout-puissant, sa gloire remplit toute la terre ». Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. (Isaïe 6,1-4)

Un tableau semblable se trouve dans l'Apocalypse. En cet endroit, les anges sont remplacés par quatre animaux :

Les quatre animaux avaient chacun six ailes couvertes d'yeux tout autour et au-dedans. Ils ne cessent jour et nuit de proclamer : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant, Celui qui était, qui est et qui vient ! » (Apocalypse 4,8)

Une préface de la liturgie eucharistique s'inspire sans doute de ces deux tableaux quand elle proclame :

Ainsi, les anges innombrables qui te servent jour et nuit se tiennent devant toi et, contemplant la splendeur de ta face, n'interrompent jamais leur louange. [2]

Les anges manifestent Dieu. Leur mission consiste à exprimer, pour ainsi dire, le visible de l'invisible, le perceptible de la gloire imperceptible de Dieu. La préface des anges l'évoque bien :

Arcabas« Vraiment, il est juste et bon de t'offrir notre action de grâce, Dieu éternel et tout-puissant, et de te rendre gloire pour tes Anges et tes Archanges : l'admiration que leur fidélité nous inspire rejaillit jusqu'à toi, et la splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir comme tu es grand et combien tu surpasses tous les êtres. Avec cette multitude d'esprits bienheureux, qui t'adorent dans le ciel par le Christ, notre Seigneur, nous te chantons ici-bas en proclamant... »

La Première lettre aux Thessaloniciens et celle de Jude mentionnent l'existence des archanges (1 Thessaloniciens 4,16 ; Jude 9). La Lettre aux Hébreux décrit le culte ancien et évoque les chérubins (9,5). La Lettre aux Éphésiens reconnaît le Christ « au-dessus de toute Autorité, Pouvoir, Puissance, Souveraineté et de tout autre nom qui puisse être nommé non seulement dans ce monde, mais encore dans le monde à venir. » (1,21 ; cf. Colossiens 1,16). La conclusion solennelle de certaines préfaces de l'Eucharistie reprend la liste des hiérarchies célestes : « C'est pourquoi avec les anges et les archanges, avec les puissances d'en haut et tous les esprits bienheureux,nous chantons l'hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons. » [3] Tous ces anges, ordonnés selon une hiérarchie plus ou moins mystérieuse, forment la cour céleste de Dieu , « l'assemblée des saints » (Psaume 89(88),6 ; cf. Job 5,1 ; 15,15 ; Daniel 4,10).

La plupart des préfaces mentionnent la présence des anges pour associer l'assemblée au chant qu'ils adressent à Dieu dans leur continuelle louange : « C'est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous proclamons ta gloire en chantant (disant) d'une seule voix... » [4] L'assemblée eucharistique regroupe ceux et celles qui ont été initiés au mystère pascal du Christ. Dieu les a « ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus Christ » (Éphésiens 2,6). La Lettre aux Hébreux précise :

Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et des myriades d'anges en réunion de fête, et de l'assemblée des premiers-nés, dont les noms sont inscrits dans les cieux, et de Dieu, le juge de tous, et des esprits des justes parvenus à l'accomplissement, et de Jésus, médiateur d'une alliance neuve, et du sang de l'aspersion qui parle mieux encore que celui d'Abel. (Hébreux 12,22-24)

Arcabas

L'Apocalypse décrit le choeur des anges :

Et j'entendis la voix d'anges nombreux autour du trône, des animaux et des anciens. Leur nombre était myriades de myriades et milliers de milliers. Ils proclamaient d'une voix forte : « Il est digne, l'agneau immolé, de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange ». (Apocalypse 5,11-12)

Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu. Ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen ! » (Apocalypse 7,11-12)

Le chant des anges, inséré dans la prière eucharistique, ressemble à ces cantiques. Il commence par la mention de la sainteté de Dieu. L'adjectif qualificatif est proclamé trois fois selon la règle en hébreu pour exprimer le superlatif. La préface énumérait les merveilles de Dieu, surtout dans l'incarnation de son Fils. Le Sanctus vient élargir la mention des merveilles et l'étendre à l'ensemble de la création de Dieu : le ciel et la terre ! Et elle le fait pour dire que tout ce qui existe manifeste la gloire de Dieu. Ici, la liturgie chrétienne emprunte à la prière juive de la Qeduscha, prière proclamée au matin du sabbat :

Nous te sanctifions et nous faisons éclater ta gloire comme les saints seraphim te sanctifient dans leur langage doux, sacré et mystérieux. Ainsi qu'il est écrit par ton prophète, l'un avertit l'autre et tous s'écrient : « Saint, saint, saint est l'Éternel Sabaoth. Toute la terre est remplie de sa majesté ». Et s'unissant dans leurs louanges, ils disent : « Que la majesté de l'Éternel soit louée en son séjour ». [5]

La Genèse décrit le songe de Jacob : « Voici qu'était dressée sur terre une échelle dont le sommet touchait le ciel, des anges y montaient et y descendaient » (Genèse 28,12 ; cf. Jean 1,51). Comme l'échelle, la liturgie unit le ciel et la terre, remplis de la gloire de Dieu comme l'évoque l'hymne qui prolonge la préface de la prière eucharistique.

La liturgie chrétienne a ajouté un second « couplet » à l'hymne des anges. Cette strophe évoque « celui qui vient au nom du Seigneur ». On lui prépare le chemin comme l'annonçait Jean Baptiste (Cf. Matthieu 3,3 et parallèles), comme le disait déjà longtemps avant lui le Psaume 118(117),26. L'assemblée s'associe à l'Esprit et à l'Épouse pour dire : « Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Que celui qui a soif vienne ! Que celui qui le veut reçoive de l'eau vive, gratuitement. » (Apocalypse 22,17) En « celui qui vient », nous reconnaissons le Ressuscité. Dans l'Eucharistie, il deviendra « le pain de la vie et la coupe du salut ». En « celui qui vient », nous pensons aussi à son Corps qui est l'Église. La prière eucharistique fait de l'assemblée qui célèbre l'Église de Dieu, le Corps du Christ, le Temple de l'Esprit. La vieille formule patristique qui parcourt les siècles jusqu'à nous l'exprime bien : « L'Église fait l'Eucharistie et l'Eucharistie fait l'Église » !

« Hosanna au plus haut des cieux ! » : comme un refrain après chaque couplet, le mot hébreu « Hosanna » pourrait se traduire : « Donne le salut » ou « Sauve-nous donc » ! Le cri est joyeux même si les mots ressemblent à une supplication. Comme la foule à l'entrée à Jérusalem au jour des rameaux, ceux qui chantent « Hosanna » sont persuadés que Dieu va intervenir. Un sursaut du désir lance la prière comme une acclamation. C'est déjà l'action de grâce alors même que la prière demande encore d'être exaucée.

L'ange du sacrifice

ArcabasDans le tableau en Isaïe, les anges sont des séraphins, c'est-à-dire des « brûlants ». L'un d'eux s'avance vers le prophète pour un rite à accomplir au nom de Dieu : il touche les lèvres du prophète avec une braise qu'il a prise sur l'autel de l'encens. Le rite purifie Isaïe : « Ta faute est écartée, ton péché est effacé » (6,7).

Entre Dieu et les célébrants de la terre, l'ange établit un lien. Il forme un pont. Il devient porte-parole de l'un et de l'autre, quelque chose qui s'apparente au rôle liturgique du Grand Prêtre au Temple. C'est dans cette perspective que Raphaël se révèle à Tobit et à sa famille :

Lorsque tu as prié, ainsi que Sara, c'est moi qui ai présenté le mémorial de votre prière en présence de la gloire du Seigneur, et de même lorsque tu enterrais les morts. (Tobit 12,12)

Dans la prière eucharistique I, le traditionnel Canon romain, on rencontre un ange qui joue un rôle semblable :

Nous t'en supplions, Dieu tout-puissant : qu'elle soit portée par ton ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste, afin qu'en recevant ici, par notre communion à l'autel, le corps et le sang de ton Fils, nous soyons comblés de ta grâce et de tes bénédictions.

Qui est donc cet ange ? À travers les siècles, on a avancé des hypothèses. Certains voient en lui le Saint Esprit lui-même et ils font de la prière une épiclèse en bonne et due forme. L'expression « ton ange » ou « ton saint ange » a pu suggérer à d'autres le Christ. En effet, le déterminant possessif suggère que l'ange est unique et particulièrement relié au Père à qui s'adresse la prière. Ne serait-ce pas le Fils lui-même ? Bien plus, le texte latin contient un adjectif qualifiant que nous ne retrouvons pas dans la traduction française : « per manus sancti Angeli tui ». L'ange est un « saint Ange ». C'est le titre que Pierre attribue au Christ dans ses discours aux Actes des apôtres. Ainsi, le jour de la Pentecôte, l'apôtre cite le Psaume 16,10 : « Tu ne laisseras pas ton Saint connaître la décomposition » [6] . Le titre se retrouve dans le discours au Temple après la guérison du paralytique à la Belle-Porte : « Vous avez refusé le Saint et le Juste », dit-il (Actes 3,14). Quant à l'appellation « ange », ne signifie-t-elle pas « envoyé » ou « messager » et Jésus ne se considère-t-il pas lui-même comme l'envoyé du Père ? [7] L'argumentation est séduisante. Aussi est-il normal qu'on ait pensé au Christ. Cependant pourrait-on affirmer que l'auteur originel de la prière eucharistique ait voulu parler du Seigneur lui-même ? On peut en douter. Le plus vieux témoin du Canon romain, le Traité sur les sacrements de saint Ambroise de Milan, cite la prière en utilisant le pluriel : « Nous te prions d'accepter cette oblation par la main de tes anges sur ton autel... » [8] Demeurons prudents et concluons tout simplement : l'ange en question est un ange ! C'est, d'ailleurs, l'opinion des meilleurs spécialistes. [9]

La prière eucharistique ressemble, ici, à la description de l'ouverture du septième sceau dans l'Apocalypse :

Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu. Il leur fut donné sept trompettes. Un autre ange vint se placer près de l'autel. Il portait un encensoir d'or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône. Et, de la main de l'ange, la fumée des parfums monta devant Dieu, avec les prières des saints. » (Apocalypse 8,2-4) [10]

La prière reflète la foi toute biblique en la présence des anges qui accompagnent et protègent les amis de Dieu. C'est le cas de Moïse à qui Dieu fait la promesse suivante :

Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire entrer dans le lieu que j'ai préparé. Prends garde à lui et entends sa voix, ne le contrarie pas, il ne supporterait pas votre révolte, car mon nom est en lui. Si tu entends sa voix et fais tout ce que je dis, je serai l'ennemi de tes ennemis et l'adversaire de tes adversaires. (Exode 23,20-22. Cf. Psaume 91,11 ; Tobit 5,21-27 ; Luc 4,10.)

La prière du Canon romain parle d'autels. La signification qu'évoque ce meuble dans la prière eucharistique éclaire le sens que peut revêtir la fonction de l'ange. La prière dit :

Qu'elle [l'offrande] soit portée par ton ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste, afin qu'en recevant ici, par notre communion à l'autel, le corps et le sang de ton Fils, nous soyons comblés de ta grâce et de tes bénédictions.

Nous sommes en présence de deux autels : le céleste et celui qui est devant nous pendant l'assemblée. Deux autels de nature différente, de signification différente. Avec eux nous établissons une relation différente. Et pourtant, les deux meubles sacrés se rencontrent ici. Explicitons. Dans le Code de l'Alliance, le Seigneur dit à Moïse :

Tu me feras un autel de terre pour y sacrifier tes holocaustes et tes sacrifices de paix, ton petit et ton gros bétail ; en tout lieu où je ferai rappeler mon nom, je viendrai vers toi et je te bénirai. Mais si tu me fais un autel de pierres, tu ne bâtiras pas en pierre de taille, car en y passant ton ciseau, tu le profanerais. (Exode 20,24-25)

L'autel est d'abord une pierre ou de la terre. La matière ne doit pas être travaillée, mais demeurer « nature ». À la verticale, la pierre est dressée, entre ciel et terre, pour relier Dieu et les croyants. Ainsi l'autel devient lieu de rencontre, de sainte rencontre, comme ce fut le cas pour Jacob qui éleva là un autel et appela ce lieu 'Le-Béthel' car c'est là que la divinité s'était révélée à lui quand il fuyait devant son frère. « Jacob érigea une stèle dans le lieu où Dieu avait parlé avec lui, une stèle de pierre sur laquelle il fit une libation et versa de l'huile. Jacob appela Béthel le lieu où Dieu avait parlé avec lui. » (Genèse 35,7.14-15)

Situé dans le Temple de Jérusalem, l'autel terrestre évoque l'autel céleste. Du même coup, on aménage la liturgie du Temple pour représenter la liturgie du ciel. L'inauguration du Temple de Salomon exprime le lien étroit entre la terre et le ciel :

Lorsque Salomon eut fini de prier, le feu descendit des cieux, il dévora l'holocauste et les sacrifices, et la gloire du Seigneur remplit la Maison. Les prêtres ne purent pas entrer dans la Maison du Seigneur, car la gloire du Seigneur avait rempli la Maison du Seigneur. Tous les fils d'Israël virent descendre le feu et la gloire du Seigneur sur la Maison. Ils s'inclinèrent le visage contre terre sur le pavement et ils se prosternèrent en célébrant le Seigneur : « Car il est bon, car sa fidélité est pour toujours. » (2 Chroniques 7,1-3. Cf. 6,18-21)

Ainsi donc, à travers le Temple et sa liturgie, l'assemblée d'Israël a accès à la liturgie céleste comme les bergers dans la nuit de Noël en reçoivent la grâce : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés ! » (Luc 2,14. Cf. 2,20)

De son côté, l'Apocalypse décrit la liturgie du ciel en s'inspirant de celle de la terre :

Je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient porté. Ils criaient d'une voix forte : « Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? » Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche. (Apocalypse 6,9-11. Cf. 8,3-4)

Avec la venue du Christ, Seigneur ressuscité, l'autel de pierre comme le Temple cèdent leur place à un nouvel autel et à un nouveau Temple.

Les douze portes étaient douze perles. Chacune des portes était d'une seule perle. Et la place de la cité était d'or pur comme un cristal limpide. Mais de temple, je n'en vis point dans la cité, car son temple, c'est le Seigneur, le Dieu Tout-Puissant ainsi que l'agneau. (Apocalypse 21,21-22. Cf. Hébreux 10,19-21 ; 13,10)

Voilà la liturgie définitive, celle de l'éternité quand tous les êtres, les célestes comme les terrestres, se retrouveront dans le Christ, selon le projet de Dieu (Éphésiens 1,10). D'ici là, nous vivons dans l'espérance :

Si notre demeure terrestre, qui n'est qu'une tente, se détruit, nous avons un édifice, oeuvre de Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, qui n'est pas faite de main d'homme. Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l'autre, notre habitation céleste, pourvu que nous soyons trouvés vêtus et non pas nus. (2 Corinthiens 5,1-2)

En attendant, l'autel de l'Eucharistie, devant lequel l'Ange se tient, est symbole du Christ ressuscité.

L'autel de la terre est comme le « sacrement » de l'autel céleste. Le Christ sacramentellement présent sur l'autel terrestre appelle donc la plénitude de sa participation et de sa vision (1 Corinthiens 13,12) dans le monde nouveau, le monde christique. Nouvel autel,Jésus-Christ est le lieu de la communication des hommes avec Dieu. [11]

Près de l'autel, l'Ange ne transporte pas les offrandes dans un autre lieu. Au-delà de l'espace et du temps, il évoque en espérance la présence de l'assemblée à la liturgie céleste et lui permet d'en jouir dans ses liturgies terrestres. L'Ange accomplit alors une fonction sacerdotale ou quasi sacerdotale, à la manière du prêtre du Premier Testament. En ce sens, il évoque le rôle du Christ comme le décrit la Lettre aux Hébreux.

Conclusion

Dans une veillée familiale ou entre amis, il arrive à certains moments de la rencontre que la conversation s'arrête. Elle tombe, le temps d'un instant de silence. On dit alors : « Tiens ! Un ange passe !... » L'expression pourrait s'appliquer à la présence des anges dans la liturgie, spécialement dans la célébration de l'Eucharistie. Dans les rituels chrétiens, les anges passent, le temps d'un silence ou plutôt le temps d'un cri de louange. Ils sont toujours là. Je n'ai pas rencontré de rituel où ils sont complètement ignorés. Mais ils sont là discrets, presque effacés. Ils sont là, le temps d'un silence, pour mieux les voir passer.

La discrétion des anges dans la liturgie nous renvoie à la Bible. Là, les esprits bienheureux se laissent découvrir sous différents jours. Avant tout, ils sont un reflet de la gloire divine et ils orientent le regard vers le Dieu trois fois saint. Et leur présence dans la liturgie ne révèle toute sa richesse que dans la mesure où nous parvenons à les rencontrer dans les Saintes Écritures.

Le sanctoral propose deux fêtes d'anges dans son calendrier en début d'automne : les archanges Michel, Gabriel et Raphaël, au 29 septembre, et les saints anges, les anges gardiens, le 2 octobre. Il existe une messe votive en l'honneur des anges. Ces fêtes comme cette messe votive expriment sensiblement les mêmes caractéristiques que nous avons trouvées dans les préfaces comme dans le Canon romain.

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[1] Les anges apparaissent parfois dans les lectures bibliques. Mais recenser le lectionnaire supposerait un travail qui dépasse le cadre de cet article.

[2] Conclusion de la préface de la Prière eucharistique IV.

[3] Conclusion des préfaces de l'Avent I et II (solennelle), de la Nativité I, de l'Épiphanie, du Carême I et III, de la Passion I, de l'Eucharistie I, des dimanches du temps ordinaire I, II, de la préface commune I. Le missel de saint Pie V était plus explicite : « Par lui [le Christ, notre Seigneur], les anges louent ta majesté, les dominations l'adorent, les puissances des cieux la redoutent, les forces des cieux et les séraphins sacrés la célèbrent dans une commune allégresse. » (Préface des jours ordinaires, traduction du Missel de l'assemblée chrétienne, présenté par l'Abbaye de Saint-André, Bruges/Paris, Biblica, 1964, p. 987)

[4] Conclusion des préfaces de l'Avent I et II (simple), de la Nativité I, de l'Épiphanie, du Carême I et III, de la Passion I, de l'Eucharistie I, du Christ Roi, des dimanches du temps ordinaire I, II, de la préface commune I.

[5] Cité en MAERTENS, Thierry, Pour une meilleure intelligence de la prière eucharistique, coll. « Paroisse et liturgie », no 42, Bruges/Paris, Publications de Saint-André/Biblica, 1963, p. 25.

[6] D'après le texte grec. Cf. Actes 13,35.

[7] Cf. Matthieu 10,40 ; 15,24 ; Marc 9,37 ; Luc 4,43 ; 9,48 ; 10,16 ; Jean 3,17 ; 5,36 ; 5,38 ; 6,29 ; 6,57 ; 7,29 ; 8,42 ; 10,36 ; 11,42 ; 17,3.8.18.21.23.25 ; 20,21.

[8] AMBROISE DE MILAN, Des Sacrements, IV, 27, traduction de Dom Bernard BOTTE, coll. « Sources chrétiennes », no 25bis, Paris, Cerf, 1961, p. 116-117.

[9] Comme Dom Bernard BOTTE, « L'ange du Sacrifice », dans Cours et conférences des semaines liturgiques, Tournai, du 25 au 29 juillet 1928, Bruges/Paris, Abbaye du Mont César, Louvain/Desclée de Brouwer, 1929, p. 209-221 ; Dom Bernard BOTTE, « L'ange du sacrifice et l'épiclèse de la messe romaine au Moyen-Âge, dans Recherches de théologie ancienne et médiévale, 1929, p. 285-308.

[10] Une scène semblable est évoqué en Luc 1,9-11, quand l'ange apparaît à Zacharie au moment où il offre l'encens. Cf. Genèse 22,11-15 ; Juges 6,2-22 ; 1 Chroniques 21,18-30. Cf. aussi Genèse 28,12 et Jean 1,51, déjà cités.

[11] ROUET, Albert, À la découverte des prières eucharistiques, Paris, Centre Jean-Bart, 1981, p.61