L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

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l'Institut de pastorale ?


L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

Plus d'information sur l'énoncé de mission et le statut universitaire de l'Institut.

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d'une conversion à l'autre

Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

« Dieu entend la plainte des captifs »

Francine Robert
Article paru dans la revue « Rassembler » 66-1 (2006), p. 37-42
Commentaire des textes liturgique du dimanche 12 février 2006

Dans la culture biblique, le langage du corps et de la maladie sert à exprimer toutes les détresses, comme l'illustre le Psaume d’aujourd’hui (102) où le malheureux, dont la souffrance peut aussi bien être morale ou psycho-sociale que physique, en appelle à Dieu avec confiance. Cette plainte des captifs, Dieu l'entend, dit le Psaume. L’Évangile choisi au Lectionnaire nous propose de voir dans l’attitude de Jésus la réponse de Dieu à cette confiance. Mais en Jésus, Dieu transgresse alors sa propre Loi, selon la première lecture de ce dimanche.

Lévitique 13,1-2.45-46

Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse et à Aaron : « S’il se forme sur la peau d’un homme une boursouflure, une dartre ou une tache luisante, et que cela devienne une maladie de peau du genre lèpre, on l’amène au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils.
Le lépreux ainsi malade doit avoir ses vêtements déchirés, ses cheveux défaits, sa moustache recouverte, et il doit crier : Impur ! Impur ! Tant que durera son mal, il sera impur et, étant impur, il restera à part : sa demeure sera hors du camp.

Lors de soirées bibliques en paroisse, les gens expriment souvent leur malaise face aux lois de la Bible qui touchent l'alimentation, le sang et la maladie. Nous avons ici une de ces lois qui font réagir : « la Loi de Moïse est dure, le malade n'est pas coupable », etc. Ce qui conduit malheureusement à un raccourci familier : Dieu de la Loi dans l’Ancien Testament, Dieu d'Amour dans l'Évangile. Mais on ne gagne rien à disqualifier trop vite ces anciennes Écritures. Mieux comprendre ce qui inspire le fonctionnement de ces lois permet d'approfondir le sens de l'action de Jésus.

Ces lois sur les maladies ont plus qu'une visée médicale (éviter la contagion). La Sainteté de Dieu, thème majeur du Lévitique, appelle la sainteté du peuple. Les lois qui touchent le pur et l'impur balisent les conditions de cette sainteté. Elles visent entre autres à protéger la communauté des forces étranges qui attaquent l'intégrité de la personne et du groupe, et l'ordre naturel des choses, ordre qui prend sa source en Dieu. Par exemple la lèpre des vêtements et des murs fait aussi l'objet de règles (Lv 13,47ss ; 14,33ss). Sous leur signification religieuse réelle, ces lois expriment la crainte et le malaise devant tout ce qui donne l'impression que l'ordre du monde et de la société peut être fragile, tout ce qui reflète une certaine érosion de cet ordre, l'irruption possible d'un chaos face auquel on se sent impuissant.

Marc 1,40-45 : la guérison du lépreux

Un lépreux s’approche de Jésus. Ie supplie et tombe à genoux en lui disant : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de compassion, Jésus étendit la main et le toucha. Il lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant, la lèpre le quitta et il fut purifié.
S’irritant contre lui, Jésus le renvoya aussitôt. Il lui dit : « Garde-toi de rien dire à personne, mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit : ils auront là un témoignage. »
Mais une fois parti, l’homme se mit à proclamer bien haut et à répandre la nouvelle, si bien que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais qu’il restait dehors en des endroits déserts. Et l’on venait à lui de toute part.

Piste d'homélie

C'était hier (11 février 2006) la Journée mondiale des personnes malades. Nous connaissons tous des gens atteints d'une maladie grave, parfois incurable. Pour plusieurs parmi nous, cette Journée dure toute l'année : la maladie est en nous ou touche un de nos proches. Elle nous atteint à travers l'autre, en nous rappelant que nous sommes fragiles, vulnérables. La personne malade éveille en nous tristesse et compassion. L’Évangile raconte que Jésus est comme nous. La détresse et la souffrance du lépreux l'atteignent fortement. Jésus est « pris aux tripes », selon une expression familière proche du mot grec que l’Évangile utilise ici, un mot désignant les entrailles. Au sens littéral du texte : ça lui fait mal au ventre. Porté par cette forte émotion, Jésus touche l'homme malade et le guérit. Nous serions si heureux de pouvoir, comme lui, guérir l'autre d'un geste ! Si notre compassion active envers une personne malade pouvait détruire son mal, nous nous sentirions tellement moins impuissant. Certains ici peut-être, infirmière, médecin ou toute personne qui soigne, connaissent cette joie. Mais le travail de guérison reste lent, incertain, parfois impossible. Si on ne fait pas de miracle, qu'est-ce qu'on peut faire ?

Personne n'aime se sentir impuissant, dans une société d'efficacité et de performance. Et au plan du corps, notre culture valorise le style santé et jeunesse, la forme à tout prix, la lutte contre tout signe de vieillissement. Tout faire pour rester en santé ! ...et oublier la mort. Bien des gens sont à deux doigts de soupçonner vaguement le malade d'avoir manqué à son devoir de santé. Dans cette ambiance, la maladie éveille en nous la compassion mais aussi un certain malaise. Ce malaise transpire au point que même la personne malade sent parfois le besoin de s'excuser de son état. Ou pire, elle en a honte et le cache, pour nous éviter ce malaise. Personne ne l’y force, bien sûr. C’est juste qu’on n’est plus là pour elle ; ou pire, pour nous elle n’est plus là. À la souffrance physique s'ajoute alors une souffrance morale et sociale, causée par l’exclusion.

Être malade aux temps bibliques : la Loi de Moïse et le geste de Jésus

Ce malaise social face à la maladie trouve un écho lointain dans l'univers de Jésus, reflété par la première lecture. Ce texte est pourtant dur : le lépreux déclaré impur est exclu de la société. Il doit manifester visiblement son statut de paria : vêtements déchirés et cheveux en désordre, et crier bien fort son état d’exclu pour que les gens l'évitent. Donc en plus de subir la Loi, il doit l'intérioriser, se voir lui-même comme la Loi le voit et agir en conséquence. Avoir honte et se cacher. Cesser d’exister dans la vie des autres. Cette Loi fonctionne encore au temps de Jésus. Tous les témoins de la scène, pharisiens ou non, sont sûrement choqués de voir ce lépreux la transgresser directement en s'approchant, et plus choqués encore de voir Jésus l'accueillir.

Cette règle prescrite par la Loi de Moïse est plus dure que nos vagues malaises, bien sûr, mais ses racines ne nous sont peut-être pas si étrangères. Elle vient d'un monde différent, oui, fondé avant tout sur la transcendance et la Sainteté de Dieu. D'où une conscience aigüe que l'on ne vit pas en sa présence n'importe comment, et le besoin d'être encadré par des règles claires et précises. Les notions de pur et impur font partie des lois qui balisent le territoire incertain des relations à Dieu. On pense au péché, bien sûr, à la faute qui détourne quelqu'un de Dieu. Mais la notion d'impureté est bien plus vaste. Elle concerne tout ce qui touche la mort et la fécondité, ces forces mystérieuses associées au domaine divin. L'impureté inclue aussi tout ce qui sort de l'ordinaire, qui paraît insolite ou hors norme, qui menace l'ordre familier et suscite l'insécurité collective. Le lépreux n'est pas jugé coupable, pas plus que la femme qui accouche où l'homme qui a le devoir d'embaumer son père. Mais les trois sont impurs et devront se purifier pour s'approcher à nouveau du Dieu Saint.

Souffrant d'une quelconque maladie de la peau, le dit « lépreux » n'est pas vu d’abord comme un pécheur, mais comme un homme frappé par le malheur. Sa maladie fait de lui un impur. Mais il sera incapable de se purifier s'il ne guérit pas. Il est victime d'un état insolite, anormal et durable, donc d'une force étrange qui perturbe l'ordre normal des choses. Même la moisissure sur les murs est appelée « lèpre » et fait l'objet de lois d’exclusion. Ce n'est pas sa maladie qui le rend contagieux, mais le désordre qu'elle manifeste. Sa présence crée l'impression que le chaos menace l'équilibre fragile du monde. Elle doit être contrôlée pour réduire l'angoisse et protéger la tranquillité d'esprit du groupe. On fonctionne comme si ce qui échappe aux règles courantes pouvait contaminer le reste, tout faire basculer dans le chaos. Ici, peut-être, ces gens d'un lointain passé nous ressemblent un peu. Dans ce malaise vague mais profond ressenti par les sociétés quand ce qu'elles voient comme « l'ordre normal des choses » semble menacé d'érosion par le dérapage qui trouble le cours paisible d'une vie ordinaire. Ce même malaise surgit aussi au plan de l'écologie, et nous en parlons spontanément en termes de « maladie de la planète ».

Pour le monde biblique, les signes qui ébranlent un ordre social fragile portent atteinte à Dieu, considéré comme source de l'Ordre du monde. En fait, tout groupe humain a besoin de lois qui le rassurent et le protègent contre ce qui lui paraît chaotique. Dans tout groupe religieux, hier comme aujourd’hui, ces lois d'exclusion sont associées à Dieu. Ainsi pensent les gens de Galilée, incluant les disciples de Jésus qui le voient accueillir et toucher le lépreux. Celui-ci est impur, ce qui lui interdit l'accès à tous, et à Dieu même. Selon les règles, ce qui touche l'impur devient impur ; un désordre produit d'autres désordres. Le groupe trouve légitime de s’en protéger. Pourquoi donc Jésus touche-t-il ce lépreux, alors qu'il guérit presque toujours par une simple parole ?

Un Évangile en tension : Dieu donne la Loi et Dieu veut sauver

Ce récit ne déroule pas sous nos yeux un paisible scénario de guérison. Il est rempli de tensions et d’émotions contradictoires. Peut-être que cette manière de raconter la scène vise à refléter les tensions internes de son personnage principal. Jésus dit bien qu'il n'est pas venu abolir la Loi. Mais voici un malade qui n'a pas intériorisé cette Loi, qui la transgresse publiquement, qui refuse de s’exclure et d'agir comme un paria. Il n'est pas « un malade » ; il n'est pas sa maladie ; il est quelqu'un que la maladie a frappé. Ajoutée à sa détresse, cette réclamation audacieuse de sa dignité touche Jésus avec force. Il ne guérit pas cet homme d'un mot, rapidement. Non ! Pris aux entrailles, il le touche, il s'engage. Il touche plus que le malade, la personne. Ce seul geste est déjà une guérison, autre que physique : il réintègre cet exclu dans le corps social et religieux.

Le geste de Jésus est illégal comme celui du lépreux. Les voilà tous deux hors-la-loi. Pourtant la Loi n'est pas annulée, ni dans la société, ni en Jésus : il ordonne aussitôt à l'homme de se soumettre à ce qu'elle prescrit pour sa guérison. Il parle avec brusquerie, dit Mc. Comme s'il passait de la compassion à la colère (émotion que la traduction liturgique affaiblit). Sans qu’on sache pourquoi, Jésus rudoie le lépreux et le chasse (verbe utilisé pour les esprits mauvais). Ce changement d'émotion peut refléter une forte tension interne. Jésus veut révéler en tous ses actes un Dieu qui aime et sauve. Devant le besoin évident, il a agi avec élan, mais son acte contredit une Loi dont les gens ont besoin aussi, qui les rassure. D'où les tensions de ce récit : transgression de la Loi approuvée, puis imitée, suivie d'un ordre d'obéir à cette même Loi qui vient de Dieu. Dans l’Évangile de Marc, c'est le premier récit montrant Jésus aux prises avec la Loi. Pas d'affrontement avec les scribes et les pharisiens, ici. Cette tension est en Jésus. Le Dieu qui lui inspire son geste entre en contradiction avec le Dieu qui a donné cette Loi. Pourtant Jésus continuera à agir ainsi. Selon Paul dans la seconde lecture de ce dimanche : Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu (1Co 10,31). Quand Jésus mange et boit avec des impurs, des exclus et des pécheurs, c’est pour révéler la gloire de Dieu. Car la gloire de Dieu, c'est la personne debout et sauvée, même si c'est parfois contraire à la Loi.

Une dernière tension clôture ce récit : l'homme guéri en parle partout, désobéissant à l'ordre de silence donné par Jésus, tout comme il avait désobéi à la Loi. De sorte qu'en finale, Jésus se retrouve dans la position que la Loi assignait au lépreux : obligé d'éviter les lieux habités, il ne peut plus entrer ouvertement en ville. Comme disait Isaïe : il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies (53,4). Mais Jésus attire plein de gens, même dans les lieux déserts. Cette fin annonce déjà l'aboutissement du conflit. Jésus continuera de révéler un Dieu sauveur qui déborde librement les limites de sa Loi. Il sera condamné au nom du Dieu de cette Loi qui exclut les gens indignes de Lui. Et Dieu le relèvera, manifestant sa gloire qui surpasse toute Loi, fut-elle la plus sainte. Désormais le Christ Ressuscité attire à lui plein de gens, même dans les lieux déserts réservés aux hors normes.

Un miracle à notre portée

Deux miracles sont accomplis ici. Le premier n'est pas au-delà de nos capacités : le geste qui confirme ou restaure la dignité de la personne, malade ou exclue, et sa pleine participation au corps social. C'est ce premier miracle, source de guérison intérieure, qui donne le sens profond du second. Il se produit chaque fois que nous surmontons les tensions ou malaises devant quiconque nous rappelle nos fragilités personnelles et collectives. Nous répondons alors à l'appel de Paul qui invite à imiter le Christ : quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu, dont le désir de sauver déborde toutes les règles.

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