L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

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L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

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d'une conversion à l'autre

Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004



Images de Jean-François Kieffer,
Mille images d'évangile,
Presses d'Ile de France, 2000

« Vois-tu cette femme ? »

Francine Robert
Article paru dans Parabole vol. VII no 4 (1985), p. 8-9

Invité à souper chez Simon, un pharisien, Jésus l'interroge : vois-tu cette femme ?

Mais comment ne pas la voir, celle-là ? Avec ses cheveux dénoués, ses gestes vraiment déplacés, ses manifestations exagérées et ses débordements d'émotion  -  « ah ! les femmes... »  Bien sûr que Simon l'avait vue ! Même qu'il s'était dit : « Si celui-là était prophète, il saurait bien que c'est une pécheresse. » Simon connaît cette femme - l'histoire ne dit pas comment - et son cas est clair pour lui : elle est hors la Loi et ne présente aucun intérêt. Pire, elle dérange une rencontre jusque là agréable entre gens raisonnables. De fait, c'est à Jésus que Simon s'intéresse ; qui d'entre nous le lui reprocherait ? (Lc 7,36-50)

Moi aussi quand je lis les Évangiles, c'est à Jésus que je m'intéresse. Pourtant au passage, d'autres personnes ont éveillé mon attention, parfois mon admiration. Pierre, sa réponse si prompte, sa profession de foi, sa faiblesse et son repentir. J'ai remarqué Nicodème qui se pose des questions, et je comprend les doutes des disciples d'Emmaüs. J'ai retenu l'attitude du jeune homme riche, celles du « fils prodigue » et du « bon larron »... J'admire la foi du Centurion et de Jaïre, la conversion de Lévi et de Zachée. J'ai enregistré le défilé des malades, aveugles, lépreux et possédés.

J'ai moins de femmes en mémoire ; comme plusieurs, j'ai oublié la femme courbée et la veuve de Naïm. Mais je me souviens de l'hémoroïsse - avec un nom pareil ! Aussi de la Samaritaine, de Marie-Madeleine et de la femme adultère, des « pécheresses » auxquelles Jésus témoigne tant de patience. J'ai souvenir des querelles domestiques de Marthe et Marie et de leur détresse à la mort de leur frère. Mais oui, comme Simon, j'ai vu ces femmes, et leur cas me paraît clair : Jésus leur prodigue une attention, une compassion qui révèlent son amour pour les plus faibles et les exclus, dans une société où les femmes sont tenues pour presque rien. En fait, c'est plutôt Jésus que j'ai vu avec elles. Plus on les voit petites, mal prises ou pécheresses, plus on voit la grandeur d'âme et la liberté de Jésus ! Le cas de cette pécheresse chez le pharisien, justement...

Savoir voir...

« Simon, vois-tu cette femme ? » dit Jésus. Tu ne m'as pas lavé les pieds, elle oui, comme je le ferai moi-même pour mes disciples. Tu m'as certes honoré des marques normales de l'hospitalité ; elle m'embrasse et me donne du parfum. Tu restes sur ton terrain, protocolaire, prudent et réservé, sûr de ta rectitude et de ta bonne conduite. Elle entre sans être invitée et s'impose, se montre audacieuse et pourtant sans orgueil, et m'honore en gestes d'une tendresse excessive. Sa foi est frémissante et manifeste, comme son aptitude à accueillir et à aimer. Eh non ! Simon ne l'avait pas vraiment vue, cette femme anonyme. Et moi, impressionnée par la mansuétude de Jésus, habituée à la sécheresse et au légalisme des pharisiens comme Simon, je n'avais pas vraiment fait attention à l'irruption de cet inédit, à cette vigoureuse démesure.

Serais-je la seule - avec Simon - à qui il fallait dire « regarde bien ces femmes » ? On me l'a dit. [1] J'ai réalisé que la Samaritaine pose bien plus de questions que Nicodème, et avec plus de cohérence et de pertinence. Que Marthe confesse sa foi aussi vigoureusement que Pierre. Que la Cananéenne montre beaucoup plus de confiance et d'insistance que le Centurion. Le cortège des pécheresses méprisées et des malades craintives s'est révélé être un défilé de femmes intuitives et libres, entreprenantes et alertes, intelligentes, ferventes et... croyantes. Je n'avais pas remarqué cela, tant on nous a habitué-e-s à les voir humbles et sans moyens. Comme s'il était nécessaire de les banaliser pour mieux mettre en valeur le respect que Jésus leur témoigne. Pourtant, il semble bien que certaines d'entre elles ont forcé ce respect.

Grandeur nature !

Bien sûr les récits d'Évangile qui mettent des femmes en scène sont soumis, comme les autres récits, à la question de l'historicité. Ce serait une erreur de vouloir y dépister directement les « héroïnes » du temps de Jésus. Mais écrits dans un monde où les femmes ont peu de place, certains portraits des Évangiles présentent un relief proprement étonnant. Et puisque c'est notre lecture et ses réflexes qui sont en cause, prenons ces portraits tels qu'ils se donnent à lire.

La pécheresse chez Simon fait partie d'un trio de femmes anonymes dont la foi personnelle est assez forte pour qu'une parole de Jésus vienne la sanctionner ; les deux autres sont la Cananéenne (Mt 15,21-28) et la femme souffrant d'hémorragie (Mc 5,21-34). [2] Ces trois femmes doivent franchir des obstacles et s'imposer pour obtenir ce qu'elles désirent de Jésus. Son entourage, ou lui-même, leur est défavorable. L'audace de leur foi ressort fortement sur un fond d'incompréhension et d'hostilité, et force l'approbation de Jésus.

Voici une femme atteinte de pertes de sang depuis douze ans. Impure jour après jour, exclue définitivement de l'assemblée religieuse, ruinée par les médecins. Et son état empire. Elle vient seule, sans ami ni parenté, ayant besoin d'un Jésus très occupé ce jour-là. Entre autres par Jaïre : père de famille et chef de synagogue, cet homme à l'identité sociale forte a fait sa demande publiquement et dans les règles. Jésus et Jaïre vont ensemble avec la foule, toujours avide de spectaculaire. À côté de Jaïre, cette femme n'est personne. Pour elle, il est exclu de parler d'une maladie intime en public, ou même en privé avec un homme célèbre qui ne la connaît pas. D'ailleurs comment oserait-elle demander à Jésus de la toucher ? En monde juif l'impureté rituelle est contagieuse ; elle le souillerait. Se résigner et s'abstenir ? Mais elle croit que Jésus peut la guérir. Du tact et de la finesse - ne pas toucher le corps de Jésus. Femme discrète, elle croit au silence et à l'effleurement. Elle ne demande pas : elle est sûre. Et sur son geste à la fois timide et audacieux, la guérison s'opère ! Voilà que d'impure, elle est devenue voleuse, bénéficiaire clandestine d'une force qui est sortie de Jésus sans qu'il l'ait décidé. « Qui m'a touché ? » Se dénoncer, c'est s'exposer à la honte publique, révéler cette maladie honteuse devant la foule d'inconnus et risquer le ressentiment de Jésus. Plutôt que de fuir, pourtant, elle s'avance et se révèle à Jésus, car il ne la trouve pas. Et dans la réponse de Jésus, pas une nuance de pardon ou d'indulgence, mais une félicitation. Dans ce délit, il reconnaît la foi, la ferveur singulière et efficace de cette femme. Une foi que plusieurs qualifient pourtant aujourd'hui de « pensée magique ».

À l'opposé de cette femme silencieuse, la Cananéenne crie comme une bête. Aux yeux des Juifs, ceux de son peuple sont des chiens... si elle l'ignore, elle va l'apprendre ! Cette étrangère trouve déjà les titres de la piété juive : Seigneur, Fils de David. Elle appelle au coeur, demande pitié et compassion pour sa fille malade. Jésus l'ignore et ne répond pas, comme si elle n'avait pas parlé. Partage-t-il les préjugés de son peuple ? Son silence la refoule dans l'animalité, la non-parole. Les disciples interviennent : ses cris les agacent. C'est alors à eux, et non à elle, que Jésus s'explique : sa mission ne concerne que le peuple d'Israël. À cette mère en détresse, pas un mot. Voit-elle en Jésus plus qu'un Juif sectaire ? En tout cas elle se prosterne ; le récit a choisi ici non pas le verbe des suppliants - se jeter à ses pieds - mais le verbe de l'adoration (Mt 28,17). Jésus refuse une troisième fois et consent enfin à lui donner ses raisons : on ne prend pas le pain des enfants pour le jeter aux chiens ! Mieux valait son silence qu'une parole aussi dure - les exégètes travailleront à l'adoucir... Seule contre ce groupe qui la rejette, qui la traite assez chiennement, non ? elle aurait du repartir depuis longtemps, humiliée et découragée par la froideur de celui dont elle attendait un secours. Mais sa foi entêtée voit en Jésus plus qu'il ne montre. Elle reste et insiste, comme cette veuve que Jésus citera en exemple (Lc 18,1-8). « Oui, Seigneur. » Finement, elle consent plutôt que de contredire, et elle renverse terme à terme l'image avec laquelle Jésus a exprimé son refus. On ne « prend » pas le « pain » pour le « jeter » aux chiens ; mais les miettes tombent, simplement, et suffisent largement. Les convives sont repus et les chiens ont mangé aussi. Les « enfants » de l'image sont devenus les « maîtres », qui ont devoir de nourrir tous les vivants de la maisonnée. Dans cette élan de foi, les miettes sont dites être l'abondance de la grâce. Femme intuitive, qui devine que sept pains peuvent nourrir quatre mille hommes ! « Femme, ta foi est grande ! » Que pouvait-il dire d'autre, ce Jésus acculé ici à un revirement d'action unique dans les Évangiles ?

En mémoire d'elles

D'autres portraits vaudraient d'être revisités, puisqu'aussi bien les Évangiles les ont retenus. Comment les évoquer si brièvement sans les faire retomber dans la fadeur habituelle ?

La vivacité et l'intelligence de la Samaritaine. Elle peut se taire et fuir pour éviter ce Juif ennemi de son peuple ; ou, intimidée, elle peut obéir à son ordre de le servir. Mais non ! elle entame la discussion, relance à chaque réplique le dialogue un peu plus loin et fait preuve d'une intuition théologique unique dans les Évangiles. Finalement et de sa propre initiative, elle joue auprès de ses concitoyens le rôle de ce semeur qui ne moissonne pas les fruits de son travail - cette mission réussie sur laquelle Jésus invite ses disciples à lever les yeux est, elle aussi, unique dans les Évangiles (Jn 4,35-42).

La libéralité sans calcul de la femme de Béthanie, qui donne l'onction à Jésus. Lui seul décode le sens de son geste. Pourtant, comme les disciples, les commentateurs souligneront volontiers l'inconscience de cette femme...

« Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ! » Cette proclamation de foi, l'une des trois plus percutantes des Évangiles, est prononcée par Marthe, l'hôtesse accueillante qui n'avait pas choisi la meilleure part et qui s'inquiète de l'odeur du corps de son frère mort (Lc 10,38-42 ; Jn 11,27ss).

La plupart des femmes que Jésus rencontre sont seules et désapprouvées par les témoins de la rencontre, qui ne s'intéressent pas à connaître leur vérité. Seul Jésus y voit clair et nous dit : vois-tu cette femme ? Par lui, telle femme faible est dite puissante par sa foi. Il reconnaît chez d'autres, ignares, un sens prophétique de son identité. Répudiée par cinq maris, celle-ci devient annonciatrice du Christ. Pécheresse, celle-là pose les gestes de la sainteté. Devant Jésus ces femmes révèlent leur vérité profonde, toujours en complicité avec la sienne ; et cela sans exception. Leurs manifestation d'écoute, de service, de foi, de zèle ou de tendresse correspondent à ce qui est demandé aux disciples, et en certains cas à ce que Jésus fait lui-même. Exclues de la vie sociale, souvent plus ou moins hors la Loi, elles évoluent pourtant avec audace et liberté, initiative et perspicacité, toujours en consentement à l'invisible réalité de Jésus. Ces portraits tracés et transmis par les Évangiles sont tout sauf fades et sans relief. Ils évoquent une joyeuse Visitation ! Particulièrement dans l'Évangile de Luc, qui mentionne aussi la présence de femmes nombreuses dans le groupe des disciples (8,1-3).

La dignité de ces femmes n'enlève rien à Pierre, Nicodème et Jaïre, ni à la qualité de la compassion de Jésus à leur endroit. Simplement, il a reconnu, accueilli et confirmé cette dignité, sans se sentir menacé par elle. Peut-être n'a-t-il pas prévu notre mémoire trop sélective lorsqu'il sanctionne le geste d'onction de la femme à Béthanie :

Partout où sera proclamé l'Évangile, on dira en mémoire d'elle ce qu'elle a fait !
(Mt 26,13).

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[1]   Ce « on » est un livre de France Quéré : Les femmes de l'Évangile, Paris, Seuil, 1982, 190 pages. Cet article s'en inspire largement.

[2]   Outre ces trois cas de femmes, Jésus déclare la foi de quelqu'un en quatre cas seulement : le Centurion, le groupe du paralytique, un aveugle et le lépreux samaritain (Mt 8,10 ; Mc 2,5 ; 10,52 ; Lc 17,19).