L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

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L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

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d'une conversion à l'autre

Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

La non-violence en christianisme

Bruno Demers, o.p.
Panel interreligieux, 8 décembre 2007,
Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie  

Parler de non violence en christianisme implique d’abord de reconnaître que les chrétiens n’ont pas toujours été à la hauteur de cette valeur fondamentale pour eux, que de nombreuses fois ils ont eux-mêmes été artisans de violence à l’égard de ceux qui ne pensaient pas comme eux, à l’égard aussi d’autres traditions religieuses dont, en tout premier lieu, le judaïsme. Afin de permettre aux chrétiens de renouer avec celle-ci et de la faire connaître aux croyants des autres religions, j’ai décidé de parler du fondement de la non-violence en christianisme, c’est-à-dire du témoignage de Jésus Christ. Je le ferai en étant conscient également de la distance entre le message de Jésus et la nécessité, parfois, de l’usage de la force pour le maintien de l’ordre social ou encore pour l’établissement de la justice.

Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Cette parole de Jésus sur le pardon, rapportée en Lc 23,34, identifie la source de son attitude de non violence. Pour bien la comprendre, il importe de préciser les circonstances dans lesquelles Jésus la dit. En effet, Jésus est cloué sur la croix. Il a déjà subi toutes sortes de sévices, il s’apprête même à mourir. À ses pieds il y a la foule de ceux qui veulent le voir mourir. Depuis longtemps ceux-ci ont été heurtés par sa prédication et ses gestes d’éclat. Ils ont maintenant leur chance. Jésus est enfermé dans un cercle. Ses ennemis l’assaillent de toute part. Apparemment abandonné de Dieu, c’est dans cette situation sans espoir que Jésus prononce cette parole qui ouvre l’avenir : Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. À toutes ces paroles et gestes de haine dont il est la victime, Jésus oppose une autre attitude : il pardonne à ses ennemis et prie Dieu de faire sien son pardon.
Par cette Parole, Jésus brise la logique de violence qui habite notre histoire humaine en ouvrant une autre voie, où l’avenir est possible, une voie de non-violence.

Cette offre de pardon, de la part de Jésus, est en continuité avec plusieurs de ses paroles et actes qui ont été rapportés par les premiers témoins.

Heureux les doux ; ils auront la terre en partage. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. (Mt 5,4.9).
Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À qui te frappe sur une jour, présente encore l’autre. (Lc 6,27-29).

Jésus ne s’est pas contenté de parler de non-violence, il l’a lui-même mise en pratique à plusieurs reprises, particulièrement lors de sa passion où il n’oppose aucune résistance aux coups et aux actes de violence dont il est l’objet.

Pourtant Jésus n’est pas une personne mièvre, doucereuse. Il est aussi capable de fermeté dans ses reproches, surtout quand il s’agit des faibles et des pauvres :

Malheureux êtes-vous, scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui barrez aux hommes l’entrée du Royaume des cieux ! Malheureux êtes-vous scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui versez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, alors que vous négligez ce qu’il y a de plus grave dans la loi : la justice, la miséricorde et la fidélité... (Mt 23,13.23)

Jésus est même capable d’action énergique comme quand il chasse les vendeurs du Temple :

Puis Jésus entra dans le Temple et chassa tous ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple ; il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes. Et il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée maison de prière ; mais vous, vous en faites une caverne de bandits. » (Mt 21,12-13).

Jésus a souvent été dur avec ses adversaires. Il l’a été dans la mesure où leur attitude et leur politique exploitaient religieusement ou politiquement le peuple. Mais lorsqu’il s’agit d’une injustice faite à lui-même par ces mêmes adversaires, il pardonne.

 

Qu’est-ce donc que le pardon dans les paroles et gestes de Jésus ?

Il importe tout d'abord d'éliminer certaines images qui nous viennent spontanément à l’esprit quand nous entendons parler de pardon. Premièrement, le pardon n'est pas l'oubli. En effet, souvent on associe le fait de pardonner avec le fait de fermer les yeux sur ce qui vient de se passer parce qu'on ne peut pas faire autrement et qu'on veut avant tout sauvegarder la paix. Dans cette perspective, l'oubli est un acte de faiblesse, il est un refus d'affronter la réalité. Deuxièmement, le pardon n'est pas l'indifférence. Dans l'indifférence, on fuit la réalité. Nul n'a de conviction, chacun fait ce qu'il veut, signifiant qu'aucun lien réel n'existe avec le mal qui nous a été fait, qu'aucune menace précise n'a été proférée. Le pardon n'est pas la naïveté prête à tout croire et en conséquence à tout effacer. Finalement, le pardon n'est pas laxisme signifiant que le passé n'ayant plus de poids dans une relation, l'avenir n'en aura pas davantage. Non, parce que dans chacun de ces cas, cette façon de comprendre le pardon ouvre la porte à une répétition de l'histoire passée, puisque le pardon décrète qu'il n'existe pas de sanction : il donne la possibilité aux oppresseurs de continuer leur trafic. Derrière chacune de ces conceptions du pardon, il y a le présupposé que le pardon est un acte faible. Or, le pardon est un acte d’homme libre et fort. C’est dans cette perspective qu’il faut situer le pardon de Jésus à ceux qui le tuent.

En effet, Jésus mesure l’enjeu de sa condamnation. Il sait de quelle calomnie elle est le fruit, de quel fanatisme, la conséquence. Il connaît la logique qui le conduit à un procès et finalement à la mort. Jésus n’est ni un naïf qui ne percevrait que bonnes intentions égarées et malentendus bénins, ni indifférent à la qualité des relations sociales. Jésus n’oublie pas. Il sait les raisons de ses adversaires, et les fustige avec fermeté. Jésus ne regrette rien des oppositions qu’il a suscitées, il ne se culpabilise pas d’avoir été trop franc, trop direct. Il ne renonce pas à son choix, il reste fidèle jusque devant les tribunaux. S’il pardonne, ce n’est pas pour signifier indirectement qu’il change d’attitude. Il demeure libre, et c’est parce qu’il ne recherchait en rien son intérêt et le pouvoir qu’il peut pardonner.

Pardonner, c’est briser la logique de violence des rapports humains.

Pardonner, c’est refuser de faire sienne la logique de l’adversaire. C’est ne pas s’enfermer dans la spirale implacable de la haine qui conduit à un jeu de force reproduisant sans cesse les mêmes errements et les mêmes violences. Si à l’ironie méchante de ses adversaires Jésus avait répondu par un acte de puissance, il serait entré dans leur mouvement. Jésus pardonnant accomplit un acte d’espérance, gros d’un avenir possible : il propose à l’adversaire une autre logique. Il offre un point de départ affranchi d’un passé de haine et de violence, un point de départ uniquement orienté vers l’avenir. Par son pardon, il arrache à la répétition de la même logique. Si Jésus n’avait pas pardonné, il aurait épousé leur point de vue, il n’aurait pas offert une nouvelle création, dans l’espérance que l’ennemi lui-même, le malfaisant, ferait sienne la logique nouvelle qui s’ouvrait dans son pardon. C’est Jésus tué injustement qui pardonne à ceux qui le tuent. Et c’est parce que c’est lui la victime de la haine et de l’injustice, que son pardon, qui n’est ni oubli, indifférence ou naïveté, a du poids. En effet, ce pardon représente une puissance d’affranchissement pour celui qui le reçoit, qui entre dans cette logique nouvelle et accepte ainsi de construire l’avenir sur une autre base que celle de sa logique propre qui poussait à la destruction.

Le pardon est un acte fort parce que celui qui pardonne est lucide. Il juge que celui qui fait le mal – et ce mal contre lui – est moins homme que lui qui le subit. L’acte du pardon a pour fin de rompre la fascination du mal, l’« enfermement » du malfaisant en lui-même. Il a pour but de briser le cercle magique dans lequel la communication chavire.

Le pardon est un acte de liberté. Il ne se laisse pas dominer par le mal secrété par l’adversaire. Il ne guérit pas la calomnie par la calomnie, la diffamation par la diffamation, le meurtre par le meurtre, la tromperie par la tromperie, bien qu’il ne dénie aucunement la justice et la sanction. Il ne donne pas un laissez-passer pour continuer à agir de manière coupable. Il crée une autre possibilité, celle de la conversion. Il est un appel pour que le mal n’ait pas le dernier mot, il est un acte créateur : accepté, il ouvre à nouveau au malfaisant de façon positive l’intégration au jeu social.

Le pardon est un acte fort surtout parce qu'il est un acte risqué. En effet, il est fondé sur l’espérance que la bonté, ouvrant au malfaisant un espace autre que sa logique du mal, le fera accéder à un choix moins inhumain. Celui qui pardonne sait qu'il prend un risque en abandonnant le règlement par la force ou en renonçant à la puissance du droit. Mais il sait aussi que sans ce risque, l'histoire n'a aucun avenir et que la violence se répétera par l'alternance d'oppresseurs devant opprimés et d'opprimés se transformant en oppresseurs. Celui qui pardonne se met hors ce jeu, au risque de sa propre vie. Car le pardon n'est pas l'oubli, il maintient en toute rigueur le passé délictueux ; il n'est pas laxisme, il exige la conversion. Si le pardon était oubli ou laxisme, celui qui pardonne ne risquerait pas sa vie. C'est justement parce qu'il prend racine dans la vérité de la victime qu'il dérange l'offenseur ou l'oppresseur. Accepter le pardon, c'est reconnaître que le point de vue du rejeté révèle la vérité folle de l'oppresseur.

En christianisme, nous croyons que le pardon est le moyen par lequel Dieu change le cours de l’histoire. En effet, le pardon ouvre un avenir. La guerre qui n’aboutit pas à une négociation n’a de terme que par la destruction de l’un des antagonistes. Seul le pardon contrecarre sa logique, même dans ses formes les plus atténuées, images lointaines ou perverties du vrai pardon, la négociation visant au compromis et à l’oubli. L’histoire est possible à condition que la haine ne réponde pas à la haine, que la justice renonce à être pleinement satisfaite. Seul le pardon, même dans ses formes lointaines, crée une nouveauté de relations qui inaugure une autre histoire.

Le pardon de Jésus n’abolit pas la lutte pour la justice.

L’acte de Jésus est l’acte d’un homme qui a affronté le mal sous toutes ses formes. C’est un pardon qui a du poids parce qu’il n’a pas craint de dire la vérité et de prendre parti : Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice.

La justice dans la perspective de Jésus ne consiste pas à détruire le malfaiteur mais à le soustraire à son pouvoir destructeur. Il ne s’agit pas de laisser le malfaiteur persévérer dans son mauvais vouloir mais de lui ouvrir la possibilité d’une autre relation. Le pardon de Jésus révèle à la fois la profondeur du mal et la hauteur de son espérance. Ni sa parole, ni ses signes, ni son autorité n'ont changé le coeur de ses adversaires. Et les Évangiles rapportent la colère de Jésus devant une telle situation de fait marquée par la dureté. Mais Jésus sait aussi que la puissance n'aura pas davantage de poids : elle ne changerait pas cette dureté. Elle pourrait au contraire la justifier. Seul l'acte le plus opposé à cette dureté peut espérer la briser : le pardon.

L’enracinement de la non-violence dans le pardon nous rappelle que la seule façon de contrecarrer la logique de haine et de violence de notre histoire est d’offrir une autre logique, une logique qui brise la fatalité de la répétition du passé et qui ouvre un véritable avenir.

(Cette réflexion s’inspire largement des travaux de Christian Duquoc, dont surtout
Jésus, homme libre, Esquisse d’une christologie, 3e éd., Paris, Cerf, 2003.)

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