L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

Pour plus de détails, voir :
• auditeurs et étudiants libres;
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2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine, Montréal (Québec), Canada, H3T 1B6

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Qu'est-ce que
l'Institut de pastorale ?


L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

Plus d'information sur l'énoncé de mission et le statut universitaire de l'Institut.

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d'une conversion à l'autre

Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

« Je le dis en pensant au Christ et à l'Église... » (Éph 5, 32)
le mariage chrétien

Denis Gagnon, o.p.
Conférence présentée au Cap-de-la-Madeleine, 13 mars 2001,
parue dans Liturgie, foi et culture 170 (été 2002)

  • Le diocèse de Trois-Rivières a tenu une journée d'étude, le 13 mars 2001, sur la délicate question de la célébration du mariage et des funérailles, avec ou sans eucharistie. Elle réunissait 300 personnes, prêtres, diacres, agentes et agents de pastorale et autres impliqués dans la pastorale du mariage et des funérailles. La conférence présentée par Denis Gagnon a paru aussi dans L'Église canadienne de juin-juillet 2001, avec celles de Gaëtan Baillargeon et Luc Bouchard.
  • Nous ne sommes pas les premiers dans l'histoire à devoir faire face à un manque de prêtres. Nous ne sommes pas non plus les premiers à accomplir des actes liturgiques en l'absence de ministre ordonné. Mais un mariage célébré sans prêtre ou sans diacre est-il un sacrement? La célébration d'un mariage sans l'eucharistie est-elle un mariage au rabais?

    Le concile de Trente, que personne ne va accuser de laxisme ou d'étourderie, reconnaissait que les mariages conclus en l'absence de prêtre sont valides. En fait, dans ce sacrement, les paroles essentielles ne sont pas prononcées par le ministre ordonné mais par les époux eux-mêmes. Le prêtre ou le diacre demande et reçoit le consentement; il proclame ensuite la bénédiction nuptiale. Ce sont donc les mariés qui célèbrent leur mariage. Dans le code de droit canonique de 1983, on affirme:« 1. Là où il n'y a ni prêtre ni diacre, l'évêque diocésain, sur avis favorable de la conférence des évêques et avec l'autorisation du Saint-Siège, peut déléguer des laïcs pour assister aux mariages. - 2. Il faudra choisir un laïc idoine, capable de donner une formation aux futurs époux et apte à accomplir convenablement la liturgie du mariage. » (Canon 1112)

    Voilà ce que nous révèle la loi. Mais la loi ne dit pas tout. Et même elle ne dit pas l'essentiel et le plus important. Elle ne dit pas entre autres que toute célébration du mariage est un acte d'Église et que cette dimension ecclésiale est importante. Elle est même plus importante ou du moins aussi importante que la présence d'un ministre ordonné. La loi ne parle pas non plus de la richesse du sacrement de mariage en lui-même. Elle ne dit pas qu'il est plus qu'un contrat entre deux époux. Elle ne dit pas qu'il enchâsse toute la vie chrétienne, et même la vie eucharistique d'un couple chrétien. Dimension ecclésiale et dimension eucharistique, tels sont les deux aspects du mariage chrétien que je voudrais évoquer avec vous.

    I. De deux à beaucoup

    Un projet de couple

    Benoît a rencontré Catherine chez des amis. Ce ne fut pas le coup de foudre, mais une attirance, quelque chose d'indéfinissable qui invitait à aller plus loin. Ils fixèrent un rendez-vous, puis un autre. Des liens se tissèrent progressivement. L'amour est né de cet enchevêtrement de rencontres. Catherine est entrée dans le paysage de Benoît. Et Benoît fait partie de la vie de Catherine.

    Deux êtres cheminaient chacun de leur côté. Deux solitudes se sont rencontrées. L'amour est né entre les deux. Depuis qu'ils sont en amour, les deux jeunes ne sont plus les mêmes. Quelqu'un compte pour eux et ils comptent pour quelqu'un. Catherine ne se voit plus sans Benoît. Benoît ne fait plus de projet sans que Catherine en fasse partie. D'une certaine façon, ils se sont donné naissance mutuellement. Un peu comme le vieux récit biblique de la création du couple humain. La Genèse montre l'homme solitaire à la recherche d'un associé. Il ne trouve pas parmi les animaux l'objet de ses rêves. Ce n'est pas sans signification qu'au moment où Dieu crée la femme, l'homme est plongé dans un sommeil mystérieux. C'est en dormant que l'inconscient traduit les besoins sous la forme de phantasmes. L'homme n'est-il pas alors en train de collaborer avec Dieu pour créer la femme, pour lui donner naissance? Quand l'homme se réveille, il voit devant lui un nouvel être. Il a l'impression de se reconnaître et de trouver son identité.« Voici cette fois, s'écrit-il, l'os de mes os et la chair de ma chair! » (2, 23) La femme est en train de donner à l'homme sa véritable existence. En elle comme en un miroir, l'homme se reconnaît. En fait, le récit veut nous dire que l'homme et la femme se donnent naissance mutuellement. Quand la Bible parle de l'union sexuelle de l'homme et de la femme, ne dit-elle pas qu'ils se sont « connus »? Connaître, n'est-ce pas « naître avec »?

    L'amour a donné naissance à une communauté. Une petite communauté de deux membres seulement, mais une véritable communauté. Et même elle peut devenir une communauté chrétienne. Jésus n'a-t-il pas dit:« Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Matthieu 18, 20)? La communauté est là, avec la possibilité d'une communion.

    Un événement familial

    Le projet amoureux de Catherine et de Benoît déborde la vie du couple. Leur mariage devient un événement familial. Si fous qu'ils soient l'un de l'autre, les amoureux tiennent à partager leur bonheur. Ils le révèlent aux autres, aux parents, aux amis, à ceux et celles qu'ils côtoient et qui ont du sens pour eux. Pour vivre, l'amour demande à s'ouvrir. Instinctivement, Benoît veut présenter sa Catherine à ses parents. Catherine tient à ce que sa famille adopte Benoît. Les deux tourtereaux ne cherchent pas une confirmation ou une autorisation à s'aimer. Ils veulent simplement faire connaître la bonne nouvelle. La fête de leur mariage sera d'abord une fête familiale et une fête d'amis. S'ils prennent la parole devant leurs invités, Benoît et Catherine souligneront leur attachement à leurs proches. Ils offriront des cadeaux ou des souvenirs de l'événement. Ils souffriront de la réticence de certains qui ne comprennent pas qu'ils veulent se marier alors qu'ils sont déjà bien ensemble sans le« carcan » d'un engagement!

    Il est important que les responsables pastoraux respectent et favorisent ce rapport à la famille et aux amis. Il peut y avoir quelque chose de profondément religieux dans cette attitude, ne serait-ce que l'expression du quatrième commandement de Dieu:« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le Seigneur, ton Dieu » (Exode 20, 12).

    Un événement public et social

    Benoît et Catherine auraient pu habiter ensemble sans s'engager publiquement. Plusieurs couples ont pris cette option. Le pourcentage est de plus en plus élevé de ceux et celles qui demeurent ensemble sans se marier. Catherine et Benoît ont choisi de poser un acte public. Ils prennent un engagement à la face du monde. Leur projet amoureux, ils veulent le voir prendre les traits de la famille, cellule et base de la société occidentale. Ils veulent incarner cette petite société qui enrichit et développe la grande société civile. Ils seront pour leurs enfants le premier lieu de socialisation et d'intégration dans la cité. Ils seront porteurs de la tradition et assureront la transmission du patrimoine. Ils participeront au développement de la ville ou du village en étant eux-même une entité féconde de cette ville ou de ce village à différents plans: intellectuel, économique, affectif, culturel, etc.

    Nous ne sommes pas toujours conscients d'être aussi des officiers civils quand nous recevons le consentement de mariage des époux chrétiens. Et à ce titre, il nous incombe d'évoquer le projet familial que porte la société. Même si le visage de la famille est actuellement en profonde mutation. Il y a des valeurs sociales que nous avons à promouvoir pour l'édification même de la cité et de la nation. Il me semble que l'expression de cette dimension ne devrait pas se résumer à la signature des papiers officiels du gouvernement. La célébration du mariage est pratiquement le seul lieu où la société parle publiquement et officiellement du mariage. Dans les célébrations civiles du mariage, le discours est parfois pauvre. Dans les célébrations religieuses, il se concentre sur la dimension religieuse et n'évoque pas toujours avec assez d'ampleur l'aspect social du couple et de la famille. Nous avons sans doute un examen de conscience à faire à ce sujet.

    Un événement ecclésial

    Événement de la vie d'un couple, événement familial, événement public et social, le mariage est aussi un événement ecclésial. Dans un document de travail inter-diocésain en collaboration avec la Fédération nationale des services de préparation au mariage, on résume bien la dimension ecclésiale du mariage:

    S'engager dans le mariage chrétien, c'est fonder une petite Église dont les époux sont les ministres. Dans la première communauté.chrétienne les membres« étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes 2, 42). L'Église domestique a la même mission que l'Église universelle: celle de nourrir sa foi, de l'actualiser dans des gestes de fraternité, de s'engager au nom de celle-ci et de la célébrer en communauté. (Perspectives nouvelles en pastorale du mariage, février 2000, p. 7)

    Le propos est idéal et, comme tout idéal, il présente une réalité sommet dont on se rapproche sans vraiment l'atteindre totalement. Même les chrétiens les plus fervents et les plus engagés. À plus forte raison ceux et celles dont la foi sommeille ou est embryonnaire, ce qui est le cas de plusieurs couples que nous rencontrons. Nous pourrions exiger une foi solide pour admettre au sacrement de mariage, mais la vie chrétienne est avant tout un long passage de la mort à la vie, de la non foi à la foi vive. On ne peut faire l'économie de ce voyage intérieur et de chacune de ses étapes, de cette Pâque progressive vers la foi en plénitude. Chacun est appelé à avancer à partir du lieu où il est rendu sans rien escamoter. Et ce passage s'inscrit aussi dans la célébration du sacrement, lieu d'évangélisation par excellence. Nous en avons pour preuve notre propre expérience des sacrements. Nous n'aurions jamais pu accéder à l'Eucharistie s'il avait fallu que la première fois, à notre première communion, nous soyons déjà rendus à l'étape où nous sommes présentement. Nous baptisons dans la foi de l'Église et non dans la foi du catéchumène ou du bébé. De même, nous recueillons le mariage des fiancés dans la foi de l'Église avant tout. Comme nous célébrons l'eucharistie en demandant à Dieu de ne pas regarder nos péchés « mais la foi de ton Église ». C'est l'Église qui assume et assure la sacramentalité du mariage et non seulement les deux baptisés qui s'engagent l'un envers l'autre.

    Plusieurs fiancés ne perçoivent pas l'importance de vivre la foi en Église. Le témoignage des communautés chrétiennes les inspire peu. Les jeunes sont les produits de la culture actuelle où l'individualisme est à l'honneur et la sécularisation un processus imposant. La foi est devenue pour plusieurs une affaire privée, souvent une simple croyance ou une option philosophique sans lien avec l'institution ecclésiale. On adopte Dieu tel qu'on se le fabrique et non tel qu'il veut se révéler. La dimension communautaire joue peu quand on choisit l'endroit où on souhaite célébrer son mariage. Le charme de l'église, sa proximité avec la salle du banquet, les emplacements de stationnement, des attachements d'enfance préoccupent souvent davantage que l'appartenance à une communauté locale.

    Comment faire percevoir au couple que leur projet de mariage est aussi un événement de la communauté chrétienne locale avec son patrimoine spirituel? La loi exige qu'on se marie dans la paroisse de l'un des deux fiancés. Cette loi n'apparaît-elle pas dépassée actuellement, anachronique même? Ne faudrait-il pas plutôt tisser un début de lien ecclésial en nous appuyant sur ce qui amène deux jeunes à choisir une église plutôt qu'une autre?

    Les futurs époux ne sont pas les seuls à percevoir difficilement la dimension ecclésiale de leur projet amoureux. Mis à part les responsables des communautés chrétiennes, nous ne pouvons pas dire que le sens de l'appartenance communautaire soit le sentiment le plus développé parmi les baptisés. Dans quelle mesure, par exemple, les membres d'une communauté chrétienne se sentent-ils concernés par les mariages célébrés dans leur église paroissiale? Jusqu'où sont-ils prêts à investir pour soutenir les fiancés et les nouveaux mariés? Comment intégrer les membres de la communauté dans la célébration elle-même? Les personnes présentes qui n'ont pas été invitées au mariage devraient être autre chose que des curieux venus« sentir », selon l'expression populaire, ou des chrétiens qui cherchent une messe dominicale à une heure qui leur convienne.

    La dimension ecclésiale du mariage constitue donc un défi pour les responsables de la pastorale. Et comme tout défi, celui-ci demande d'investir et de le faire avec compétence, que l'on soit prêtre, diacre ou laïque responsable des mariages.

    II. Une messe sans la messe

    La célébration du mariage n'est pas que communautaire. Elle revêt également d'autres dimensions que nous pouvons percevoir à la lumière de l'eucharistie. Malgré que la plupart des futurs mariés ne soient pas des pratiquants du dimanche, la majorité d'entre eux demandent que leur mariage soit célébré dans le cadre d'un eucharistie. Et sur ce point, les parents les appuient fortement. On a l'impression que le mariage n'est pas possible sans la messe, ou que c'est un sacrement à rabais ou une célébration pour demi-chrétiens. Autrement dit, les pasteurs proposeraient deux classes de mariage dont le critère de choix repose sur le degré de foi et d'appartenance ecclésiale. Ce sont là des réactions que j'entends dans les sessions de préparation au mariage.

    Si nous confions la responsabilité des mariages à des personnes qui ne sont pas prêtres, automatiquement il n'y aura pas de célébration de l'eucharistie. Ces célébrations seront-elles alors des mariages de moindre importance? Du moins pensera-t-on que ces mariages sont considérés ainsi dans l'esprit des responsables de paroisse?

    Et pourtant, tout sacrement vaut en lui-même. Il n'a pas besoin de la présence d'une eucharistie pour exercer son efficacité propre et s'exprimer dans toute sa solennité. Nous l'avons compris et accepté pour le baptême, le sacrement du pardon, le sacrement des malades. De plus en plus souvent aussi pour la confirmation. Chaque sacrement déploie le mystère pascal. Il l'annonce dans la réalité en cause par le sacrement. D'autant plus que chaque sacrement reflète et assume ce que l'eucharistie réalise comme dans la source et le sommet de toute l'aventure chrétienne.

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