L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

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L'Institut de pastorale est le centre universitaire montréalais du Collège universitaire dominicain, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Depuis près de 800 ans, la tradition spirituelle et intellectuelle des Dominicains se caractérise par la recherche de la vérité, l'exigence, la rigueur et la liberté dans la réflexion, une sensibilité aux contextes culturels et sociaux, le service explicite de l'Évangile et de l'intelligence de la foi.

Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

L'Institut vise prioritairement le service pastoral des communautés chrétiennes, l'éducation de la foi et la proposition de l'Évangile dans le monde actuel.

L'Institut de pastorale partage le statut universitaire du Collège dominicain. Les programmes et les diplômes de l'Institut sont reconnus par le Ministère de l'Éducation du Québec.

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d'une conversion à l'autre

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

Qu'advient-il des communautés religieuses au Québec ?

Rick van Lier
Conférence présentée à l'Institut de pastorale,
pour la journée inaugurale de l'année académique 2008-2009

Une version de cette conférence sera publiée dans la revue
En son nom. Vie consacrée aujourd’hui, janvier-février 2009

On vient de me présenter comme dominicain, également comme professeur d'histoire de l'Église. Mais il manque pourtant un élément important ! Après le travail, vers quatre heures, je me transforme régulièrement en « frère jardinier ». Vous me trouverez notamment en train de travailler dans les plates-bandes tout à côté de l'Institut.

Eh bien, c'est en ma qualité de « frère jardinier », puis aussi de professeur et de chercheur, que je désire vous faire visiter un coin du jardin de l'Église : la vie des communautés religieuses. Bénédictins, Dominicains, Jésuites, Soeurs Grises, Frères du Sacré-Coeur, Missionnaires de l'Immaculée Conception, Fraternités Monastiques de Jérusalem, Communauté du Chemin Neuf, Famille Myriam Beth'léhem, Famille Marie-Jeunesse... Qu'advient-il des communautés religieuses au Québec ? C'est la question que je souhaite aborder dans cette conférence inaugurale.

Je vais procéder en deux grands moments. Dans un premier temps, je présenterai un portrait global de l'état des communautés religieuses au Québec. Dans un second temps, je vais nous amener à orienter notre regard sur ce que j'appellerai les signes de vitalité de la vie religieuse au Québec aujourd'hui. Mon objectif est de vous présenter une image globale et je l'espère nuancée de la vie religieuse au Québec, avec ses difficultés, ses chances et ses défis.

Portrait global de l'état des communautés religieuses au Québec

L'image des communautés religieuses de l'époque qui précède le concile Vatican II (1962-1965), peut ressembler à une forêt foisonnante, avec une biodiversité étonnante. En effet, la vie religieuse dans le passé a attiré au Québec un grand nombre d'hommes et surtout de femmes. En 1961, les communautés religieuses du Québec connaissent leur sommet démographique : près de 60 000 religieux et religieuses travaillant au Québec ou encore à l'étranger mais en dépendance d'une communauté québécoise [1] . Outre les membres appartenant à des communautés contemplatives, nous retrouvions ces religieux et religieuses dans trois secteurs primordiaux de la vie sociale au Québec : l'éducation, les soins de santé et les services sociaux.

Au tournant des années 1960, la vie religieuse va connaître d'importantes transformations. Ces transformations, faut-il le souligner, participent d'un vaste mouvement social et ecclésial. Au plan social, les cultures occidentales sont traversées, depuis plusieurs décennies déjà, par divers courants novateurs d'ordre politique, économique, technologique ou encore philosophique. Au Québec ce mouvement prendra le nom de Révolution tranquille. D'autre part, au plan ecclésial, l'Église catholique des années 1960 entreprend un vaste chantier de « mise à jour » (aggiornamento) sous l'impulsion du concile Vatican II.

Un grand vent balaie le jardin de l'Église et aussi de ses communautés religieuses. Un vent de printemps au dire de plusieurs. La vie religieuse se dépouille de sa vieille écorce faite de traditions empesées et d'une mentalité devenue de plus en plus en déphasage par rapport à l'évolution de la société. En même temps, les communautés sont invitées à redécouvrir la richesse et la spécificité de leurs origines, ce qui sera appelé un peu plus tard, leurs charismes fondateurs [2] que les religieux-ses sont appelés à actualiser dans l’aujourd’hui de leur histoire. Pour reprendre les paroles d'une chanson d'époque : c'était le début d'un temps nouveau !

En même temps, ce que d'aucuns ont – à raison – considéré comme un vent de l'Esprit Saint, se muait pour d'autres en vent de tempête. Les années 1960 et surtout 1970 sont aussi marquées par des départs massifs. La redéfinition identitaire des religieux et des religieuses était difficile pour plus d'un. Au plan social, des changements majeurs allaient affecter un grand nombre de communautés : plusieurs institutions scolaires, hospitalières ou encore d'aide sociale, jusqu'alors tenues par les communautés étaient prises en charge par le gouvernement. Pour les communautés dont la mission s'identifiait spécifiquement à une oeuvre précise, c'était en quelque sorte leur raison d'être qui venait de leur être enlevée, du moins au plan social. Plusieurs communautés ne s'en sont jamais remises. Le printemps annoncé s'est mué en un long hiver qui semble ne pas vouloir se terminer.

Ces dépouillements sont vécues avec encore plus d'acuité, lorsqu'on considère le fait que ces dernières décennies, relativement peu de nouveaux membres se sont joints aux communautés religieuses, du moins, en comparaison des années fastes d'avant le concile. S'ils étaient près de 60 000 au Québec en 1961, ils ne sont plus que 14 000 aujourd'hui. Leur moyenne d'âge oscille autour des 70 ans. Et l'on estime qu'entre 700 et 900 religieux-ses décèdent annuellement.

C'est pourquoi, diront certains, il faut graver dans la mémoire collective le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui appartiendront bientôt au passé. La journaliste québécoise Denise Bombardier a réalisé en 1999 un documentaire intitulé Adieu mes soeurs. Un hommage vibrant à ses enseignantes d'antan, mais dont le scénario termine comme une chandelle que l'on éteint. Dans un registre similaire, vous trouverez présentement en librairie un bel album photo consacré aux religieuses d'avant les années 1960, Femmes de lumière. Là encore, et je cite l'auteure, elle veut « rendre hommage à toutes ces femmes dévouées et courageuses dont l'importance sociale a été niée pendant la nécessaire laïcisation de la société québécoise » [3] . Hommage touchant, certes, mais résolument tourné vers le passé.

Les signes de vitalité de la vie religieuse au Québec aujourd'hui

Ma question de départ était : qu'advient-il des communautés religieuses au Québec ? J'y ai partiellement répondu. Mais ce portrait n'est pas complet. Pour employer une image forte : « Lorsqu'un grand arbre tombe, il fait beaucoup de bruit. Cela nous empêche d'entendre la forêt qui germe ». Les grands arbres, ce sont les grandes communautés d'antan avec leurs institutions solidement établies. Beaucoup de cela disparaît et nous risquons de n'avoir de yeux et d'oreilles que pour cette partie de la réalité. J'aimerais, pour ma part, nous conduire à travers la forêt qui ne cesse germer : ce sont les signes de vitalité de la vie religieuse au Québec aujourd'hui.

J'ai choisi de retenir quatre éléments de vitalité : les nouveaux membres, l'internationalité des communautés, la participation des laïques et enfin les fondations nouvelles.

1. Les nouveaux membres

La venue de nouveaux membres est la condition sine qua none pour la vie même des communautés. À ce registre, j'aimerais souligner quelques points importants.

Prendre conscience des paradigmes qui nous habitent

Le premier point concerne le paradigme qui très souvent nous habite – consciemment ou inconsciemment – pour juger de la vitalité de la vie religieuse en terme de nombre de membres. Deux remarques à ce sujet.

D'abord, il me semble primordial de nous situer dans longueur de l'histoire. La vie religieuse que le Québec a connue avant les années 1960, appartient à une époque et surtout à un contexte d'exception. Une période de l'histoire délimitée, et à mon sens, quelque peu anormale. Je m'explique.

Au lendemain de la Guerre de la Conquête britannique, en 1759, l'Église catholique est tolérée tout au plus par le nouvel occupant anglais et anglican. Les communautés religieuses sont interdites de recrutement. Plusieurs vont disparaître, et durant des décennies aucune nouvelle communauté ne pourra s'implanter au Québec. C'est un temps de crise autrement plus important qu'aujourd'hui.

Par le jeu de facteur divers, cette période trouble va être suivie d'une époque de résurgence religieuse, dont nous situons les débuts autour de 1840. C'est à partir de ce moment que va s'édifier au Québec une Église catholique puissante et omniprésente. Les communautés religieuses vont jouer un rôle clef dans ce processus. Ce qui importe de retenir ici, c'est que, d'une part, c'est ce contexte particulier qui a rendu possible un investissement aussi massif d'hommes et de femmes dans la vie religieuse ; et d'autre part, que ce temps n'aura duré, au total, qu'un peu plus de 100 ans sur les 400 cents ans d'histoire de la province. Autrement dit, l'époque glorieuse de l'Église et des communautés religieuses n'a pas toujours existé dans le passé, et la période qui précède immédiatement le concile ne peut pas jouer le rôle de norme.

Cela me conduit à une deuxième remarque qui concerne l'obsession des données démographiques. Si l'on situe le développement de la vie religieuse dans la longue histoire de l'Église, particulièrement en occident, l'on se rend compte que la vie religieuse est habituellement le fait d'une minorité de croyants et de croyantes. De ce point de vue, même s'il est triste de voir des communautés s'éteindre, j'estime que nous allons vers une normalisation des proportions entre le nombre de fidèles catholiques et le nombre d'entre eux qui s'engagent dans la vie religieuse. Cela dit, je m'empresse d'ajouter qu'une baisse quantitative n'équivaut nullement à une baisse qualitative. Le théologien et dominicain Yves Congar écrivait : « Certes, il a ceci ou cela qui tombe, qui disparaît. Mais il y a aussi cela qui naît, qui germe, qui se propose. Je suis porté à penser que ce qui meurt, se vide, ou tombe représente de grosses choses, très visibles, dont la disparition laisse un vide très ressenti, alors que naissent de petites choses à partir d'initiatives locales, en réponse à des besoins concrets et ayant souvent une grande densité de signification évangélique ». La vitalité des communautés religieuses n'est donc pas uniquement une question de démographie.

Les nouveaux membres aujourd'hui

Parlant de démographie, j'aimerais dire quelques mots maintenant à propos de ceux et celles qui entrent dans la vie religieuse actuellement. Au plan des statistiques, leur nombre est difficilement quantifiable, les recensements systématiques et fiables faisant défaut. L'on ne se trompe pas cependant en disant que les entrées se font au compte-goutte, et que, de plus, ce ne sont pas toutes les communautés au Québec qui ont le privilège d'avoir de nouveaux membres. Mais il y en a pourtant : dans la Congrégation de Notre-Dame, chez les Missionnaires de l'Immaculée-Conception, les Soeurs de Sainte-Croix, les Frères du Sacré-Coeur, les Capucins, les Dominicains et j'en passe.

Dans cette même perspective, et même si j'y reviens spécifiquement tout à l'heure, je veux rendre compte tout de suite l'existence de nouvelles communautés religieuses fondées à partir des années 1970. Il est notable que ces nouvelles communautés recrutent souvent davantage et que leur moyenne d'âge est sensiblement plus basse comparativement au profil des communautés de fondation plus ancienne.

Autre fait à noter, et je reviens ici aux communautés plus anciennes : nous retrouvons parmi les nouveaux membres une échelle d'âges variée. Nous retrouvons toujours des jeunes (18-35 ans) qui s'engagent dans la vie religieuse et dont c'est le premier choix de vie. Par ailleurs, il y a également des personnes d'âge plus avancé qui se joignent aux communautés actuellement. Pour ne prendre qu'un exemple, parmi les deux ou trois soeurs entrées ces dernières années chez les moniales dominicaines de Berthierville, nous retrouvons des femmes dans la cinquantaine, voire au début de la soixantaine, qui ont été mariées, ont eu des enfants aujourd'hui adultes, et elles sont même grands-mères. Comme quoi l'adéquation vocations égale jeunesse ne s'impose pas nécessairement.

Le défi du dialogue intergénérationnel

Néanmoins, parlant des membres plus jeunes, je trouve important de signaler qu'ils se trouvent régulièrement en situation de minorité générationnelle. La disproportion est souvent importante entre le nombre de membres âgés et ces membres plus jeunes. L'image est celle de la pyramide inversée. J'aimerais apporter trois remarques à ce sujet.

Premièrement, ce que vivent les communautés religieuses, elles le vivent au diapason de ce qui se vit dans l'ensemble de la société québécoise. Une population qui prend de l'âge et des familles qui font peu d'enfants. L'originalité des communautés religieuses est de vivre ce phénomène de disproportion de manière plus accentuée et dans un processus accéléré.

Deuxièmement, ce que vivent les communautés religieuses vieillissantes est un fait nouveau et qui a peu de précédent dans l'histoire passée. Vivre jusqu'à 80, 90 ans et plus n'est plus un fait étonnant aujourd'hui. Cependant, dans la vie des communautés, la vieillesse à long terme pose des défis particuliers à la vie et à l'organisation des communautés. Et pour cela, nous avons peu ou même pas de modèles de référence hérité du passé. Cela oblige les communautés à s'adapter de manière novatrice à la présente réalité.

Troisièmement, j'estime que les communautés religieuses, dans la mesure où il y a une représentation quelque peu équilibrée des générations, ont un message fort à envoyer au reste de l'Église et de la société. Nous vivons dans un contexte où nous séparons aisément les générations : les vieux d'un côté, les jeunes de l'autre. Les contacts entre eux sont sporadiques. La communauté religieuse, quant à elle, propose un projet de vie, au quotidien, où différentes générations seront amenées à se côtoyer. Le défi lié à cela est celui du dialogue intergénérationnel. De ce point de vue, l'apport des communautés religieuses à la vie de l'Église et de la société peut être précieux si l'on sait le vivre et l'entendre.

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[1] Bernard Denault, « Sociographie générale des communautés religieuses au Québec (1873-1970). Éléments de problématique », dans »Bernard Denault et Benoît Lévesque, Éléments pour une sociologie des communautés religieuses au Québec, Montréal et Sherbrooke, Presses de l'Université de Montréal et Université de Sherbrooke, 1975, p. 48, tableau 4.

[2] Sur ce sujet voir : Rick van Lier, Comme des arbres qui marchent. Vie consacrée et charismes des fondateurs, Ottawa, Novalis, 2007, 167 p.

[3] Anne-Marie Sicotte, Femmes de lumière. Les religieuses québécoises avant la Révolution tranquille, Montréal, Fides, 2007, p. 13.

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