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Depuis 1960, l'Institut de pastorale incarne cette tradition à Montréal, dans les domaines de la vie chrétienne et ecclésiale. Professeurs et étudiants y forment une communauté d'apprentissage et de recherche, dans l'esprit des collèges qui étaient l'unité de base des universités dès leur fondation au Moyen Âge. C'est l'université à taille humaine !

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Revue "la vie spirituelle"

Ce numéro de la revue « la vie spirituelle » porte sur le thème de la seconde conversion.

Il a été préparé par l'équipe de l'Institut de pastorale et les articles sont disponibles dans notre bibliothèque virtuelle : Janvier 2004

Les Heures séculières de la vie spirituelle des laïcs

Sophie Tremblay,
Communication présentée au colloque du centenaire du Collège dominicain à Ottawa,
« Temps marqué, Temps neuf »
, août 2000

Dès les débuts du christianisme, les chrétiens ont développé la coutume de marquer le cycle du jour et de la nuit par des temps de prière à heure fixe. Depuis l'antiquité, la vie de chaque croyant se veut insérée comme un fil de chaîne dans la trame d'une histoire sainte et nouvelle, inaugurée par le Christ, et dont chaque journée tisse une nouvelle maille dans l'attente de l'accomplissement final. Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, les croyants les plus fervents mettent tout en œuvre pour que l'ensemble de leur existence personnelle et collective se déroule sous le signe du retournement intérieur qui les transforme, comme l'exprimait l'apôtre Paul dans l'épître aux Romains : « Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte spirituel » (Rm 12, 1).

Pour marquer le cycle du jour et de la nuit, les chrétiens ont adopté des pratiques qui se sont transformées à travers les siècles et qui diffèrent d'une confession à l'autre. D'une part, ces pratiques ont été codifiées progressivement dans l'Antiquité, jusqu'à former ce que nous appelons aujourd'hui la liturgie des Heures, mais qui peut s'appeler aussi Office divin ou Opus Dei (dans la règle bénédictine). Mais dans le christianisme occidental, on peut se demander si ces formes instituées n'auraient pas fini par se trouver en porte-à-faux avec le passage du temps qu'elles devaient marquer. Quelle place ont-elles occupée et occupent-elles aujourd'hui dans la vie des laïcs ? Seraient-elles devenues la spécialité des ordres monastiques ? Si tel est le cas, les croyants du dernier millénaire ont-ils continué de créer et d'adopter de nouvelles manières de rythmer leurs journées afin de transformer ce temps quotidien en temps spirituel ?

Les croyants d'aujourd'hui disposent d'un héritage imposant de pratiques instituées éprouvées par les générations précédentes, parfois remises au goût du jour. La liturgie des Heures elle-même a fait l'objet d'une réforme importante dans le sillage du Concile Vatican II : « Puisque la sanctification de la journée est la fin de l'office, le cours traditionnel des Heures sera restauré de telle façon que les Heures retrouveront la vérité du temps, dans la mesure du possible et qu'il soit tenu compte des conditions de la vie présente ? » (1)

Mais cet héritage convient-il aux conditions concrètes de la vie des croyants laïcs qui vivent en pleine sécularité  ? Cette question est inévitable puisque, au Québec et dans le monde occidental, la plupart des pratiques instituées sont quasi absentes du quotidien des croyants de moins de 55 ans, surtout s'ils vivent en couple et en famille. Pour tenter d'y répondre, nous procéderons en deux étapes. Tout d'abord, nous chercherons à comprendre pourquoi le cycle quotidien de la vie des laïcs d'aujourd'hui résiste à se laisser marquer par des pratiques plus anciennes. Ensuite, nous nous demanderons si d'autres manières de marquer le temps pourraient être en émergence à même ce quotidien : des Heures séculières qui jalonneraient discrètement la vie spirituelle des laïcs.

Des pratiques instituées en porte-à-faux avec le temps social

La journée des croyants de l'antiquité était rythmée par des temps de prière à heure fixe. Le Nouveau Testament ne les exhortait-il pas à « prier sans cesse » (1 Th 5, 16-18; Col 4,2; Ep 6,18; Lc 18,1), c'est-à-dire à toute heure du jour et de la nuit ? Cette coutume s'inspire en partie des usages juifs du Temple et de la synagogue, bien qu'il ne s'agisse probablement pas de filiation directe. Selon Robert Taft, spécialiste de la liturgie des Heures,

Le maximum que l'on puisse dire à propos de fondements juifs et néotestamentaires de la liturgie des Heures est que les chrétiens, tout comme les Juifs, ont adopté la coutume de prier à heures fixes, et que les heures les plus importantes pour la prière publique communautaire, ont été, dans les deux traditions, le début et la fin du jour. Mais ce sont là des heures de prière naturelles dans toutes les traditions. (2)

Mentionnons que, depuis les origines, l'on célébrait aussi les agapes le soir. Au troisième siècle, Cyprien de Carthage et Tertullien recommandent de prier aussi à la troisième, la sixième et la neuvième heure, ainsi que la nuit. Bien qu'on trouve des recommandations différentes dans la Tradition apostolique attribuée à Hyppolite de Rome, ce schéma deviendra classique dès le siècle suivant, pendant lequel s'établissent un peu partout et en peu de temps des cycles d'offices communautaires quotidiens.

À la suite du liturgiste allemand Anton Baumstark, on distingue habituellement deux types d'office, l'office cathédral et l'office monastique. L'office cathédral se déroulait dans les églises « séculières  » sous la direction de l'évêque et des nombreux ministres qui l'entourent. Il s'agissait d'un office populaire, comprenant des chants, des symboles comme la lumière et l'encens, des processions et la récitation des psaumes. La lecture de textes bibliques ne se retrouvait que dans les offices cathédraux d'Égypte et de Cappadoce. L'office cathédral est d'essence communautaire et liturgique : seuls les croyants empêchés de se déplacer à l'église le font en privé. Au sujet de cet office populaire, les témoignages nous parvenant d'Orient s'avèrent nombreux, mais plus rares pour l'Occident.

Quant à l'office monastique, on le retrouve dans les centre monastiques égyptiens. Il se déroule en privé sur semaine et en groupe le samedi et le dimanche. Il s'agit davantage d'une méditation en commun des Écritures que d'un office liturgique, à l'exemple de l'Horologion monastique des offices coptes d'aujourd'hui. Cependant, vers la fin du IVe siècle, dans les monastères urbains orientaux comme à Antioche, en Palestine et en Cappadoce, on retrouve des offices hybrides à l'origine de la liturgie byzantine d'aujourd'hui. Quant à l'Occident, on y retrouve surtout un type d'office hybride dans les règles monastiques, tant dans la règle bénédictine que dans celles qui l'ont précédée aux quatre coins de l'Europe.

L'éclatement des diocèses urbains en une multitude de chapelles rurales et de petites dessertes suburbaines a entraîné la disparition de l'office cathédral pour des raisons strictement pratiques : la lourdeur de la charge du clergé paroissial l'empêchait de célébrer l'office quotidiennement avec le peuple. La liturgie des Heures a donc cessé d'être une liturgie paroissiale et a perdu son caractère populaire. Sans nous aventurer plus en détail dans le labyrinthe des sources liturgiques anciennes, nous pouvons déjà constater qu'en Occident, la liturgie des Heures s'est affirmée très tôt et de manière croissante comme une spécialité monastique. C'est d'ailleurs seulement à partir du VIIIe siècle que la récitation des offices est devenue une obligation pour le clergé, qui s'en acquittait le plus souvent en privé.

L'apparition des Ordres mendiants et des Universités au XIIIe siècle consacra l'usage du bréviaire, petit compendium transportable de tous les textes nécessaires à la récitation privée des Heures, à défaut de pouvoir le faire en public et en groupe. Trois siècles plus tard, la règle des Jésuites incluait une dispense systématique de la récitation publique de l'office afin de disposer de toute la liberté nécessaire pour répondre à tous les appels de la mission. Cette attitude face à l'office s'est ensuite répandue dans un grand nombre de congrégations apostoliques.

Dès la fin de l'Antiquité et les débuts du Moyen Âge, la liturgie des Heures occidentale a été entraînée sur une pente qui l'éloignait sans cesse davantage du quotidien des laïcs, écart que les réformateurs protestants tentèrent de combler à leur façon. En outre, en raison de la surcharge croissante des offices qui atteignit son sommet aux XIIe et XIIIe siècles, les moines eux-mêmes y passaient pratiquement toute la journée : comment parler encore d'une manière de marquer le temps, puisque tout l'horaire quotidien est envahi ? Plus encore, en dépit des tentatives de réforme, la récitation privée comme la célébration en groupe s'est même détachée des repères temporels qui avaient fondé cette liturgie : « Le principe louable« Dieu servi premier » poussait les prêtres pieux du XIXe siècle et de la première moitié du XXe à s'acquitter dès le début de l'après-midi du Nocturne et des Laudes du lendemain, et à solliciter le privilège de célébrer Vêpres et Complies avant midi ! » (3)

C'est pourquoi l'Angelus devint, à la fin du XVIe siècle, un nouveau moyen de marquer la journée par la prière matin, midi et soir. Cette prière populaire, magnifiquement illustrée par le tableau de Millet, est cependant elle-même tombée en désuétude aujourd'hui, même si certaines églises le sonnent encore. En outre, les personnes particulièrement dévotes étaient encouragées à jalonner la journée d'exercices spirituels. On en trouve un bon exemple dans l'Introduction à la vie dévote de François de Sales, ouvrage célèbre destiné aux croyants fervents qui vivent dans le monde. François de Sales recommande une prière du matin, une oraison en milieu de journée, une prière du soir comportant un examen de conscience, la messe quotidienne. Ces pratiques marquent le cycle du jour et de la nuit dans un esprit de dévotion intérieure et individuelle. On trouvait aussi dans les catéchismes un programme analogue de la « journée du chrétien » . Par exemple, dans le Catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa, utilisé jusqu'aux années 1960, voici ce qu'on suggère : au réveil, signe de croix et offrande de la journée, prière du matin (une fois habillé), Bénédicité et Grâces aux repas, messe quotidienne, examen de conscience et prière de soir à la fin de la journée. Hormis chez les personnes plus âgées, ces pratiques elles aussi se sont raréfiées chez les laïcs. Comment expliquer ce phénomène ?

Au Moyen Age, le changement des structures économiques entraîne une modification majeure dans le rapport au temps. Les marchands des grands réseaux commerciaux mènent des opérations complexes qui les obligent à mesurer le temps pour s'assurer de la bonne marche de leurs affaires : temps d'un voyage en mer ou par terre, temps de travail des ouvriers. S'ils demeurent soumis aux caprices des éléments et des saisons, les marchands mettent tout en œuvre pour rationaliser, mesurer et organiser le temps accessible à leur contrôle, car pour eux, le temps a un prix. Cependant, ce temps, dont le tic-tac mesure avec toute la précision possible pertes et bénéfices, entre en conflit avec le temps de l'Église :

Plus encore pour des nécessités pratiques que pour des raisons théologiques, qui d'ailleurs sont à la base, le temps concret de l'Église, c'est, adapté de l'Antiquité, le temps des clercs, rythmé par les offices religieux, par les cloches qui les annoncent, à la rigueur indiquée par les cadrans solaires, imprécis et changeants, mesuré parfois par les clepsydres grossières. À ce temps de l'Église, marchands et artisans substituent le temps plus exactement mesuré, utilisable pour les besognes profanes et laïques, le temps des horloges. C'est la grande révolution du mouvement communal dans l'ordre du temps que ces horloges partout dressées face aux clochers des Églises. (4)

Ce temps séculier mesuré avec précision, dépourvu de poésie et de portée mythique, s'est imposé graduellement à l'ensemble des sociétés occidentales sous l'influence de la modernité. Conséquemment, l'Église s'est vue dépouillée de son pouvoir de donner des repères temporels à la société. Et pourtant, la régularisation de l'emploi du temps provenait en partie de son influence : pensons aux activités bien réglées de la journée monastique. L'industrialisation et le développement technique se sont distinguées par la domestication du temps : régularisation des horaires et des quarts de travail, division du travail, discipline du temps de travail, allongement considérable des heures de travail, décloisonnement du dimanche. Le temps du travail est devenu le temps dominant qui donne la cadence à toute la société: « Productrice du temps, l'entreprise est le centre de la vie sociale, comme l'avait été l'Église. » (5) La généralisation du port de la montre au début du XXe siècle manifeste un nouveau pas dans l'intériorisation de la conscience du temps.

Ce nouveau rapport au temps impose ses contraintes, non sans tyrannie, au rythme de la vie en société : « L'introduction du temps industriel signifie que des conceptions marchandes du temps ont mené à restructurer autour du temps-pivot du travail, l'ensemble du rythme de la vie en société, à tel point que la vie religieuse et familiale, le sommeil même, en seront profondément affectés ».(6) L'égrènement impitoyable de ce temps décomposé en fractions de secondes relègue à l'arrière-plan le cycle naturel de la journée, dont la durée varie entre les solstices et les équinoxes. Il conditionne le temps consacré à la satisfaction des besoins primaires comme l'alimentation et le sommeil. L'éclairage au gaz puis à l'électricité repousse la frontière entre le jour et la nuit, ce qui permet le travail nocturne. Même l'agriculture et l'élevage, soumis aux quotas de production, trichent avec les rythmes biologiques pour se soumettre au rythme du marché. « La périodicité mécanique remplaça la périodicité organique et fonctionnelle dans tous les domaines de la vie où cette usurpation était possible. » (7) En dépit de la crise du travail et des bouleversements économiques qui affectent en profondeur nos sociétés, le travail demeure le temps social dominant, ce qui cause actuellement un nombre croissant de problèmes individuels et collectifs.

Ce rapport au temps a relégué toute forme de pratique religieuse au temps libre, ce dont plusieurs se désolent à grands cris. Mais le temps libre lui-même n'échappe pas aux diktats de l'horloge sociale. À moins de vivre au rythme de la cloche dans un monastère, les croyants d'aujourd'hui ne peuvent échapper à la sécularité qui les enserre de toute part comme une montre-bracelet. À l'exemple de toutes les femmes et de tous les hommes de ce temps, la vie quotidienne des croyants laïcs exige la confrontation entre plusieurs rythmes différents, à la recherche d'un équilibre souvent fragile :

Dans notre vie quotidienne, chacun de nous est contraint de chercher un impossible équilibre entre quatre références principales : le temps biologique et ses exigences de sommeil et d'alimentation, le temps marchand qui fournit l'argent si indispensable, dans la misère comme dans la prospérité, le temps domestique consacré à la famille et la maisonnée, le temps enfin de la vie personnelle la plus intime. Pris dans les imbrications de ces diverses temporalités irréductibles l'une à l'autre, et dans les conflits de priorité qu'elles imposent, il faut composer avec ce patchwork d'instants fugitifs et de rythmes temporels entrecroisés. Et ce, au prix de bien des contre-performances, sinon d'aberrations. (8)

Le laïc fervent qui voudrait aussi prier chaque jour la liturgie des Heures ou marquer le temps quotidien par des temps de prière ajoute tout simplement une cinquième référence temporelle à cette liste déjà chargée. Il se préoccupera de l'heure des offices, en plus de se soucier du cycle des repas, du sommeil, des tâches domestiques, du travail, des multiples déplacements, du soin des enfants, du couple, de la famille élargie, des obligations sociales et du temps personnel, sans oublier la contrainte provenant d'autres horaires comme ceux des transports en commun, de la télévision, des services publics, du cinéma, des commerces, etc. Si ce laïc est une femme, les choses se compliquent encore, puisque les femmes consacrent encore beaucoup plus de temps que les hommes au travail domestique et au soin des enfants, même si leurs heures de travail sont équivalentes. Marquer le cycle du jour et de la nuit par des temps de prière, à l'exemple des chrétiens de l'Antiquité, transforme inévitablement la vie d'un laïc en marathon, à moins d'être célibataire et de disposer d'un grand nombre d'heures en dehors du travail. Si un croyant souhaitait de plus prier en commun comme dans l'office cathédral populaire, il ne s'en sortirait qu'en habitant à quelques minutes du lieu de prière, car la négociation entre les différentes références temporelles se traduisent le plus souvent par une « obligation de mobilité spatio-temporelle  » . (9)

Que pourra alors faire le laïc soucieux d'approfondir sa vie spirituelle  ? Se laissera-t-il détourner de la vie séculière par le rêve d'une vie unifiée par un temps purement religieux  ? Vivra-t-il son quotidien séculier sans plus se soucier des repères religieux temporels ? Est-il condamné à se laisser éternellement déchirer par ce dilemme ?

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[1] « Constitution Sacrosanctum Concilium » dans Vatican II. Les seize documents conciliaires, Paul-Aimé Martin, éd., Montréal, Fides, 1967, no. 88, p. 153.

[2] Robert Taft, La liturgie des Heures en Orient et en Occident, Luxembourg, Brepols, 1991, p.25.

[3] 3 Aimé-Georges Martimort, « La prière des Heures » dans Aimé-Georges Martimort, dir., L'Église en prière, tome IV, La liturgie et le temps, Paris, Desclée, 1983, p. 194.

[4] Jacques Le Goff, « Au Moyen Âge : Temps de l'Église et temps du marchand » dans Pour un autre Moyen Âge. Temps, travail et culture en Occident, Paris, Gallimard, 1994 (ã1977), p. 56.

[5] Roger Sue, Temps et ordre social, Paris, P.U.F., 1994, p. 167

[6] Gilles Pronovost, Sociologie du temps, Bruxelles, De Boeck Université, 1996, p. 32.

[7] Lewis Mumford, Technique et civilisation, Paris, Seuil, 1950, p. 181.

[8] Jean Chesneaux, Habiter le temps, Paris, Bayard Éditions, 1996, p. 57-58.

[9] Ibid., p. 58.