L'Institut offre plusieurs cours de 15 heures et 30 heures, en plus du format courant de 45 heures.

Tous les cours de premier cycle sont ouverts aux auditeurs et auditrices libres, i.e. qui ne souhaitent pas suivre un programme universitaire.

Il suffit de s'inscrire au moins deux semaines avant le début du cours et d'acquitter les frais d'inscription et de scolarité.

Pour plus de détails, voir :
• auditeurs et étudiants libres;
• modalités d'inscription.

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Gaston Raymond en ligne

Hommage au frère Gaston Raymond, o.p., sage et prophète

Homélie des funérailles, prononcée par Daniel Cadrin, o.p.

6 février 2016, Église St-Albert-le-Grand, Montréal
Lectures : Sagesse 2,23 ; 3,1-6.9  et  Luc 2,25-32

La première lecture vient du Livre de la Sagesse. Elle convient pour un sage comme Gaston. Il aimait réfléchir sur la condition humaine, la vie, la mort, Dieu, les grandes questions, comme les sages dans les Écritures de la première Alliance.

L'Évangile de Luc met en scène un homme âgé, Syméon, qui est un sage et un prophète, un homme juste et religieux, qui a fait une découverte et qui la communique avec conviction et espérance. Il me fait penser à Gaston. De plus, Gaston est mort le mardi 2 février au matin, en la fête de la Présentation de Jésus, une fête de la lumière. Et ce mardi matin, c'est cet Évangile de Luc qui était lu, ici même. Et justement ce récit nous présente un homme qui est prêt à partir, au bout de son âge : tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix. Gaston est parti, lui qui aimait la lumière, l'a cherchée et l'a rayonnée. En plus, cette fête clôturait l'année de la vie consacrée, lancée par le pape François. C'est en ce jour que Gaston a terminé sa propre vie consacrée, vécue dans l'Ordre des prêcheurs, où en 1956 il a fait sa profession définitive, s'engageant "jusqu'à la mort". C'est plein de clins d'oeil.

Quand on pense à Gaston, un sage et un prophète, on voit un homme de grand savoir. C'est vrai. Mais j'aimerais d'abord souligner un autre trait : un homme de réseaux et de communautés. Gaston a été lié à plusieurs réseaux : sa famille ; la communauté dominicaine où il entra en 1952 ; le Collège dominicain où il enseigna dans deux composantes, la Faculté de philosophie, 1962-1977, et l'Institut de pastorale à partir de 1978 ; l'association de la catéchèse biblique symbolique ; le réseau Bernard Lonergan ; le groupe des amis de St-Côme, etc. Avec tous ces gens et ces groupes, il a noué des liens fraternels et amicaux, il a partagé des conversations, des réflexions et des fêtes. Et durant ses derniers mois au centre de soins palliatifs, encore il nous accueillait avec bienveillance et intérêt. Aujourd'hui, des membres de ces divers réseaux sont rassemblés ici pour faire mémoire de sa personne et de sa présence.

Il a vécu aussi dans divers styles de communauté dominicaine : dans un grand couvent d'études comme celui d'Ottawa ; un couvent multivocationnel comme St-Albert-le-Grand à Montréal ; une communauté socialement engagée et bilingue comme Thomas More (années 70) à Ottawa ; une équipe missionnaire en banlieue, la communauté St-Marc à Brossard (années 78-96) ; puis une fraternité de proximité, la communauté St-Jean à Montréal. J'ai vécu avec lui au quotidien dans presque toutes ces expériences communautaires, sauf à St-Jean ; mais alors, à partir de l'an 2000, il était mon collègue à l'Institut de pastorale. Dans tout ce partage de vie, je peux dire qu'il était un compagnon agréable, accueillant, intéressé aux autres, sachant partager les tâches de la vie ordinaire ; et même s'il n'était pas un grand cuisinier, il faisait sa part !

Il savait aussi partager ses passions, de la philosophie et l'informatique à l'avenir de l'Église, la catéchèse et l'histoire américaine, avec des opinions précises et intéressantes. Et il faisait des liens signifiants entre tous ces domaines ; comme dans son article sur les liens entre la catéchèse biblique symbolique et la philosophie de Lonergan(1). Son bureau et sa chambre étaient des signes visibles de la variété de ses intérêts : un ouvrage de métaphysique côtoyait une pièce d'ordinateur, à côté de récits spirituels et de quelques outils.

Quand je pense à Gaston, sage et prophète, le mot qui me vient est celui de chercheur. Chercheur de vérité, la devise de l'ordre, une vérité à découvrir dans tous les champs de l'expérience et de l'activité humaine, et en soi, comme sujet humain, capable de connaître et d'aimer. Pour lui, la recherche intellectuelle et l'aventure spirituelle n'étaient pas des mondes séparés mais deux faces d'un même mystère à explorer et dont se réjouir. Homme de questions et d'horizons : il aimait les questions comme moteur premier de toute quête ; et les horizons vastes qui font entrer dans la beauté et la complexité du monde.

Gaston a peu écrit mais il a beaucoup parlé ! Il aimait les échanges et s'y engageait avec passion, un intérêt réel et une ouverture d'esprit. Il a aussi contribué à des travaux et recherches comme Risquer l'avenir, et on peut trouver des écrits de lui sur divers sites, dont celui de l'Institut de pastorale.

En plus d'être un chercheur, Gaston avait un don pour susciter le goût de cette recherche, de cette quête intellectuelle et spirituelle, chez les autres. Dans mon allocution, quand il reçut le titre de professeur émérite en 2011, je disais de Gaston : "un éveilleur et un accompagnateur intellectuel unique, qui a donné à tant d’étudiants le goût de se questionner, de réfléchir, d’ouvrir leur esprit pour se lancer dans une aventure humaine et essentielle : celle de penser, que ce soit en philosophie, en théologie, en pastorale, en études bibliques".

Homme supérieurement doué, sûrement, mais généreux et simple, avec une sorte de modestie ou d'humilité qui était authentique, pour employer un mot qu'il aimait.

Gaston, tu vas nous manquer. Il n'y en a pas deux comme toi. Si on voulait savoir quel était l’ouvrage récent le plus à point, et cela dans une grande variété de domaines, il n’y avait qu’à te consulter. Chaque être humain est unique mais ta singularité et tes dons montraient bien visiblement cette unicité réjouissante, et ainsi ce don, qu'est chaque personne.

Homme de réseaux et de communautés, chercheur et éveilleur, communicateur passionné : il n'y a pas plus dominicain que Gaston.

Les textes bibliques nous ont parlé de vérité, de bonheur et de miséricorde (Sagesse), d'attente, de bénédiction et de lumière (Luc). Rendons grâce au Dieu vivant pour Gaston qui fut un témoin de ces réalités, et pour la communion entre nous et avec tant d'autres qui nous unit dans le Corps du Christ. Amen.

(1) Catéchèse et authenticité, convergence de Lonergan et de la Catéchèse biblique symbolique dans la réponse à la modernité